Près de trois semaines après le lancement d'une vaste opération de réexamen des plaintes pour violences sexuelles sur mineurs, les premiers chiffres commencent à tomber. Selon une source gouvernementale, 134 personnes ont déjà été placées en détention provisoire à la suite de nouvelles investigations. Cette campagne exceptionnelle avait été ordonnée par le ministre de la Justice Gérald Darmanin dans le sillage de l'affaire Lyhanna, dont la mort a mis en lumière plusieurs dysfonctionnements dans le traitement judiciaire de plaintes visant le principal suspect, indique Franceinfo.
Des milliers de dossiers passés au crible
Au total, près de 70 000 plaintes ont été confiées aux magistrats pour réexamen. L'objectif fixé par le garde des Sceaux est d'achever ce travail avant le 14 juillet. Selon le gouvernement, le rythme actuel permet non seulement de tenir ce calendrier, mais pourrait même conduire à examiner davantage de dossiers que prévu. Cette réévaluation a déjà entraîné un nombre important de nouvelles gardes à vue et d'actes d'enquête, selon la même source.
De possibles sanctions après les inspections
Parallèlement au réexamen des procédures, une mission d'inspection poursuit son travail afin d'identifier d'éventuels manquements dans le traitement de certains dossiers. Dans un courrier adressé aux magistrats, Gérald Darmanin a prévenu que des sanctions pourraient être envisagées en cas de fautes professionnelles avérées. "Lorsque des fautes professionnelles sont établies, personne ne comprendrait qu'elles ne soient pas sanctionnées", a-t-il notamment écrit, tout en rappelant son attachement à l'indépendance de la justice.
De nouvelles mesures sur la table
L'affaire Lyhanna continue également d'alimenter les réflexions du gouvernement sur la prise en charge des violences sexuelles commises sur des mineurs. Parmi les pistes évoquées figurent l'obligation de réaliser certains actes d'enquête dans les trois mois suivant le dépôt d'une plainte pour viol sur mineur, un meilleur contrôle des adultes intervenant auprès d'enfants dans les activités périscolaires ou encore la possibilité de condamner les violeurs récidivistes de mineurs à la réclusion criminelle à perpétuité.
Une pression politique toujours forte
Malgré ces annonces, le gouvernement reste sous pression. Depuis plusieurs semaines, l'affaire Lyhanna suscite de vives critiques de la part de nombreux responsables politiques, de gauche comme de droite, certains réclamant des responsabilités au plus haut niveau de l'État. De leur côté, les syndicats de magistrats continuent de dénoncer un manque de moyens humains et matériels au sein de la justice. Alors que l'émotion demeure vive, de nouveaux rassemblements en hommage à Lyhanna et en soutien aux victimes de violences sexuelles sont annoncés devant plusieurs tribunaux dans les prochains jours.



