Quatre ans après le début de l'affaire, le footballeur international marocain Achraf Hakimi, 27 ans, a formé un pourvoi en cassation contre l'ordonnance de la cour d'appel de Versailles qui l'a renvoyé devant la cour criminelle des Hauts-de-Seine pour des faits de viol. Le joueur du Paris Saint-Germain conteste ainsi la décision rendue fin juin 2026, estimant qu'il n'y a pas lieu de le juger.
Des faits présumés remontant à février 2023
Selon l'accusation, les faits se seraient déroulés dans la nuit du 24 au 25 février 2023 dans les Hauts-de-Seine. Une jeune femme de 24 ans à l'époque s'était présentée au commissariat pour dénoncer un viol qu'elle attribuait au joueur. D'après une source policière, la plaignante avait fait la connaissance d'Achraf Hakimi sur Instagram en janvier 2023, une semaine après sa séparation d'avec son épouse et mère de ses deux enfants. Elle s'était rendue à son domicile en VTC commandé par le joueur. Elle affirme que ce dernier l'a embrassée et touchée sans consentement, puis violée. Elle serait parvenue à le repousser avant qu'une amie vienne la chercher.
Un parcours judiciaire de plus de trois ans
La main courante déposée le jour des faits a fuité dans la presse le 27 février 2023. Une enquête préliminaire a été ouverte et la plaignante a déposé plainte avec son avocate, Rachel-Flore Pardo. Achraf Hakimi a été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire le 2 mars 2023. L'instruction a duré plusieurs années, avec des auditions de témoins, dont Kylian Mbappé, alors coéquipier du joueur au PSG. Le 26 février 2026, une ordonnance de mise en accusation a été rendue, requérant un procès pour viol. Hakimi et son avocate, Fanny Colin, ont fait appel, demandant un non-lieu. Mais la cour d'appel de Versailles a confirmé le renvoi fin juin 2026.
La plaignante se dit « soulagée »
La plaignante, qui témoigne sous le pseudonyme de Jeanne dans un article de Mediapart publié le 18 juin 2026, a déclaré vouloir « un procès pour se défendre, pour être entendue ». Son avocate a exprimé un « soulagement d'avoir été entendue par la justice et d'avoir droit à un procès après avoir été calomniée et traînée dans la boue par la défense d'Achraf Hakimi ». Jeanne continue de se sentir « seule, pas soutenue, pas comprise » face aux accusations de « manipulation » de la part du footballeur.
Hakimi clame son innocence et attend le procès
De son côté, Achraf Hakimi a toujours dénoncé une « fausse » accusation. Dans un tweet du 19 juin 2026, il a écrit : « La justice m'a regardé dans les yeux et m'a dit : "Si vous n'étiez pas connu, il n'y aurait jamais eu d'affaire." J'ai choisi de me taire pendant des années. J'ai pensé que rester digne, être patient et faire confiance à la justice permettrait que les bonnes décisions soient… » Il a également déclaré attendre le procès « avec impatience ». Malgré la gravité des faits, sa participation à la Coupe du Monde 2026 n'a pas été remise en cause, contrairement au joueur ghanéen Thomas Partey, accusé de viol et d'agression sexuelle, qui a vu son visa canadien refusé. Le Paris Saint-Germain a réaffirmé son soutien au joueur dès le début de l'affaire.



