Affaire Grégory : la Cour d'appel de Dijon se prononcera le 15 juillet
Affaire Grégory : décision le 15 juillet

Le mystère entourant l'identité du principal corbeau et de l'assassin du petit Grégory Villemin, 4 ans, retrouvé noyé les pieds et les mains liés dans la Vologne en octobre 1984, pourrait connaître un nouveau chapitre judiciaire. En octobre 2025, Jacqueline Jacob, grand-tante de l'enfant, avait été mise en examen pour « association de malfaiteurs », soupçonnée d'être l'un des corbeaux ayant harcelé la famille Villemin. Elle aurait notamment rédigé la lettre anonyme revendiquant le meurtre : « Voilà ma vengeance. Pauvre con ».

Une audience décisive le 15 juillet

Ce mercredi, la défense de Jacqueline Jacob, 81 ans, s'est montrée confiante à l'issue de l'audience de la Cour d'appel de Dijon, qui rendra sa décision le 15 juillet prochain. Une annulation des poursuites représenterait la cinquième invalidation dans ce dossier vieux de plus de 41 ans. « On attend assez sereinement une décision. Le procureur général lui-même considère que les faits sont prescrits », a déclaré Frédéric Berna, avocat de l'octogénaire. La chambre de l'instruction a étudié pendant près de deux heures la demande d'annulation de la mise en examen. En cas de rejet, la défense a d'ores et déjà annoncé un pourvoi en cassation.

Des accusations anciennes et des expertises contestées

Dès le début de l'enquête, les investigations ont mis en lumière une haine farouche entre les époux Villemin et la famille Jacob, dont est issue la grand-mère de Grégory. Jacqueline Jacob, dont l'époux Marcel est le frère de cette grand-mère, avait déjà été mise en examen en 2017 pour « enlèvement et séquestration suivie de mort », avant que les poursuites ne soient annulées un an plus tard pour un vice de forme. Cependant, de nouveaux éléments sont apparus depuis. Une expertise réalisée en 2021 par un spécialiste suisse attribue à Jacqueline Jacob non seulement la lettre du 16 octobre 1984 revendiquant le crime, mais aussi trois autres missives de 1983, dont une menaçant les Villemin : « Je vous ferez votre peau ». La défense rétorque que « plus d'une vingtaine » de corbeaux ont été identifiés par des expertises contradictoires.

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Un dossier marqué par les annulations

Me Berna rappelle que si la demande aboutit, « ce serait la cinquième fois » que des poursuites sont annulées dans cette affaire, qu'il qualifie de « fiasco ». En 1993, la mère de Grégory, Christine Villemin, avait bénéficié d'un non-lieu après avoir été accusée d'être un corbeau. En 2018, outre la mise en examen de Jacqueline Jacob, celles de son mari Marcel et de Murielle Bolle, belle-sœur du suspect Bernard Laroche, avaient également été annulées. Bernard Laroche avait été tué par le père de Grégory.

La défense mise sur la prescription

La demande d'annulation de la défense ne porte pas sur le fond, mais sur la forme, arguant que les faits seraient prescrits, un avis partagé par le procureur général Philippe Astruc. Pour François Saint-Pierre, avocat des parents de Grégory, cela signifie que la défense « admet le sérieux des indices graves et concordants ciblant leur cliente ». À l'issue de l'audience, le conseil a souligné que « l'instruction se poursuit pour que toute la vérité soit faite », en référence aux expertises des courriers anonymes toujours en cours. « Si elles concluent à l'implication de Jacqueline Jacob, alors elle encourra une mise en examen pour complicité d'assassinat », a-t-il estimé. Le procureur général a indiqué que les résultats de ces analyses « sont attendus prochainement », laissant entrevoir de possibles rebondissements. Dans un communiqué, Philippe Astruc a précisé que « la poursuite des investigations criminelles (et s'il y a lieu d'éventuelles mises en examen) trouve pleinement à se justifier dès lors qu'il demeure des traces d'ADN non encore identifiées ».

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