Des parties civiles françaises ont assigné l'État devant le tribunal administratif de Paris, l'accusant de « faute lourde » dans la gestion de l'affaire Epstein. Elles dénoncent la lenteur de la justice française et réclament réparation pour le préjudice subi, selon une information révélée par Le Monde.
Une action en justice contre l'État
Cette assignation, révélée par Le Monde, intervient après des années de procédure. Les parties civiles, représentées par leur avocat, estiment que l'État a failli à son obligation de protection des victimes. Elles pointent notamment le délai de quatre ans entre la révélation des faits et l'ouverture d'une information judiciaire en France.
Le collectif des parties civiles, qui regroupe une cinquantaine de victimes présumées, a déposé une requête en réparation. Ils demandent également la création d'une commission d'enquête parlementaire pour faire la lumière sur les éventuelles complicités françaises dans ce réseau international.
Des victimes qui réclament justice
Parmi les plaignantes, certaines témoignent de l'impact psychologique de l'attente. « Chaque jour qui passe est une nouvelle épreuve », confie l'une d'elles, qui souhaite rester anonyme. Elle ajoute : « Nous voulons que la France reconnaisse sa part de responsabilité dans cette affaire. »
L'avocat des parties civiles, Me Olivier Baratelli, a déclaré : « L'État a manqué à son devoir de diligence. Les victimes ont été laissées dans l'incertitude pendant des années, ce qui constitue une faute lourde. » Il espère que cette action forcera les autorités à accélérer les procédures.
Un contexte judiciaire complexe
L'affaire Epstein, du nom du financier américain accusé de trafic sexuel de mineures, a éclaté en 2019. En France, une enquête préliminaire a été ouverte en 2021, mais les parties civiles dénoncent un manque de moyens et de volonté politique. Elles rappellent que plusieurs victimes présumées sont françaises et que des faits auraient été commis sur le territoire national.
Cette assignation intervient alors que la justice américaine a déjà condamné plusieurs proches d'Epstein. En France, aucune mise en examen n'a été prononcée à ce jour, ce qui alimente la colère des victimes.
Quelles conséquences possibles ?
Si le tribunal administratif reconnaît la faute lourde de l'État, celui-ci pourrait être condamné à verser des dommages et intérêts aux parties civiles. Une telle décision enverrait un signal fort sur la nécessité de réformer le traitement judiciaire des affaires de violences sexuelles.
En attendant, les parties civiles espèrent que leur action médiatisée poussera la Chancellerie à débloquer des moyens supplémentaires pour l'enquête. Elles envisagent également de saisir la Cour européenne des droits de l'homme si la France ne répond pas à leurs attentes.



