Climat : Paris inhabitable sans transformation profonde
Climat : Paris inhabitable sans transformation profonde

Paris pourrait devenir inhabitable pendant les vagues de chaleur si la ville n'entreprend pas une transformation profonde, selon une étude inédite de l'Institut Paris Région publiée le 13 août 2026. Le rapport, intitulé « Paris 2050 : vivre avec la chaleur », alerte sur le fait que les températures estivales pourraient atteindre 50°C dans certains quartiers, rendant les logements invivables sans climatisation ni rénovation lourde.

Une étude alarmante sur l'avenir climatique de la capitale

L'étude, menée par les chercheurs de l'Institut Paris Région, modélise l'impact du réchauffement climatique sur la capitale à l'horizon 2050. Selon les projections, le nombre de nuits tropicales (où la température ne descend pas sous 20°C) pourrait passer de 12 à 45 par an. Les journées à plus de 35°C, aujourd'hui exceptionnelles, deviendraient courantes, avec une augmentation de 300% par rapport à la période 1981-2010.

Le rapport souligne que les logements parisiens, majoritairement construits au XIXe siècle, sont particulièrement vulnérables. Près de 70% des immeubles n'ont pas d'isolation adaptée et la pierre de taille, matériau traditionnel, emmagasine la chaleur le jour pour la restituer la nuit, créant un effet « four ».

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Des recommandations concrètes pour transformer la ville

Pour éviter ce scénario, l'Institut Paris Région formule plusieurs recommandations. La première concerne la rénovation thermique massive des logements : il faudrait rénover 50 000 logements par an d'ici 2050, soit un rythme trois fois supérieur à celui actuel. Le rapport préconise également la végétalisation de 30% de l'espace public, notamment les toits et les cours d'immeubles, pour créer des îlots de fraîcheur.

« Il ne s'agit pas seulement d'adapter les bâtiments, mais de repenser l'urbanisme dans son ensemble », explique Marie Dupont, directrice de l'étude à l'Institut Paris Région. « Les cours d'école, les parkings et les rues doivent être transformés en espaces ombragés et plantés. » Elle ajoute que les immeubles haussmanniens pourraient être équipés de volets extérieurs et de systèmes de ventilation naturelle.

Un coût estimé à 60 milliards d'euros

Le coût total de cette transformation est estimé à 60 milliards d'euros sur 25 ans, soit environ 2,4 milliards par an. Ce montant inclut la rénovation des bâtiments, la création de réseaux de froid urbains et la piétonnisation de certaines zones. Les auteurs de l'étude estiment que ce coût est inférieur à celui de l'inaction, qui se traduirait par une hausse de la mortalité liée à la chaleur et une baisse de l'attractivité économique.

Selon l'étude, sans action, les décès liés aux canicules pourraient tripler à Paris d'ici 2050, passant de 500 à 1 500 par an en moyenne. Les personnes âgées et les populations précaires seraient les plus touchées. Le rapport appelle les pouvoirs publics à agir dès maintenant, en intégrant ces objectifs dans le plan local d'urbanisme et en mobilisant des financements dédiés.

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