Procès de Brest : 30 ans requis pour tentative de féminicide, l'accusé nie l'intention de tuer
30 ans requis pour tentative de féminicide à Brest, l'accusé nie

Un procès pour tentative de féminicide à Brest : trente ans de prison requis

Le ministère public a requis mercredi la peine maximale de trente ans de réclusion criminelle contre Mohammed Haddou, jugé pour tentative de féminicide sur son ancienne compagne. Devant la cour d'assises du Finistère, la représentante du parquet Cynthia Aricat a également demandé une interdiction définitive du territoire français et le retrait de l'autorité parentale pour l'accusé, un ressortissant marocain âgé de trente-deux ans.

Une agression d'une extrême violence sous les yeux d'un enfant

La magistrate a décrit avec précision la scène du 18 juin 2023, survenue dans le pavillon brestois de Lucie P., alors âgée de vingt et un ans. Mohammed Haddou était entré par effraction avant de porter une « pluie de coups frénétiques » à son ancienne compagne, tombée à terre sous les yeux de leur fils de trois ans. Neuf coups de couteau ont été assénés avec une lame de dix-sept centimètres, dont l'un tout près de la carotide qui aurait pu être mortel.

La jeune femme ne doit sa survie qu'à l'intervention rapide de ses voisins. Placée en coma artificiel, elle a passé vingt jours entre la vie et la mort, selon les éléments du dossier. Durant l'audience, l'accusé, qui était sous le coup d'une obligation de quitter le territoire français au moment des faits, a nié avoir voulu tuer son ancienne compagne.

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Un « terrorisme conjugal » dénoncé par le parquet

Cynthia Aricat a qualifié Mohammed Haddou de « conjoint violent capable de tuer », soulignant qu'il n'avait fourni « aucune réponse sincère, aucune explication sur son passage à l'acte ». Elle a pointé son refus de se confronter à l'homme « violent, manipulateur, dominateur » qu'il était, affirmant qu'il s'était « affranchi de tout travail d'introspection et de remise en question ».

La magistrate a évoqué une forme de « terrorisme conjugal » instauré peu après la rencontre du couple en 2018, créant « un climat de terreur auprès de Lucie P. et de sa famille ». Elle a insisté sur la « dangerosité » de l'accusé et le « pronostic sombre » quant aux risques de récidive.

Des antécédents de violences et un verdict attendu

Depuis 2022, Lucie P. avait déposé quatre plaintes pour violences, dégradations et menaces contre son ancien conjoint. Les forces de l'ordre étaient intervenues dès décembre 2020 au domicile du couple. Mohammed Haddou, également poursuivi pour violences et menaces de mort, encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

La défense a plaidé la clémence, demandant à la cour d'adopter une peine permettant « l'insertion et la guérison ». Le verdict est attendu mercredi, clôturant un procès qui a mis en lumière la gravité des violences conjugales et les mécanismes du féminicide.

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