La cour d'assises des Alpes-Maritimes a condamné Jack Sion, 79 ans, à 18 ans de réclusion criminelle pour trois viols par surprise, commis entre 2009 et 2015 à Nice. Ce jugement en appel, rendu après cinq jours de débats, alourdit considérablement la peine de première instance qui était de 8 ans de prison.
Un stratagème élaboré
Pendant plus de dix ans, Jack Sion s'est fait passer pour Anthony Laroche, un jeune architecte d'intérieur trentenaire, en utilisant des photos volées sur Internet. Ce faux profil lui a permis d'attirer des centaines de femmes sur les sites de rencontres. Les plaignantes ont décrit un homme cultivé, charmant et attentif, qui instaurait une relation de confiance avant de les inviter chez lui.
Le scénario du rendez-vous
Les rencontres se déroulaient toujours de la même manière : une porte entrouverte, un appartement plongé dans le noir, les femmes invitées à se déshabiller et à se bander les yeux avant d'être guidées vers la chambre. Après l'acte sexuel, certaines vivaient un cauchemar, d'autres croyaient au début d'une belle histoire.
La défense de l'accusé
Interrogé par la présidente, Jack Sion a maintenu n'avoir eu aucune conscience d'agir illicitement. Selon lui, les relations étaient consenties et pouvaient s'arrêter à tout moment. Il a parlé d'une quête amoureuse piquante, tout en reconnaissant avoir joué avec le feu.
Les réquisitions et les plaidoiries
L'avocat général a requis 18 ans de réclusion, soulignant que le consentement n'était pas libre et éclairé en raison de la surprise. Les avocats des parties civiles ont dénoncé une manipulation méthodique et une exploitation des vulnérabilités. La défense, quant à elle, a plaidé qu'il s'agissait d'une proposition insolite mais jamais imposée, et que le crime de viol ne pouvait être subjectif.
Une peine alourdie
La cour d'assises a suivi les réquisitions, condamnant Jack Sion à 18 ans de réclusion criminelle, soit dix ans de plus que la peine prononcée en première instance par la cour criminelle de l'Hérault. Ce jugement marque une étape importante dans la reconnaissance des viols par surprise, une infraction encore peu médiatisée.



