Ce sont finalement 14 personnes qui seront jugées en correctionnelle pour leur implication présumée dans la mort de 31 migrants en novembre 2021, a appris l’AFP ce mardi de source proche du dossier, confirmée par le Parquet national anticriminalité organisée. Il s’agit du naufrage le plus meurtrier à ce jour dans la Manche.
Les charges retenues
Les 14 mis en cause, liés à des réseaux de passeurs, sont poursuivis notamment pour homicides involontaires, blessures involontaires, aide au séjour irrégulier en bande organisée et participation à une association de malfaiteurs, a précisé le Parquet national anticriminalité organisée (Pnaco).
Deux réseaux afghan et irako-kurde
Les protagonistes sont nés pour la plupart en Afghanistan et en Irak. Ils sont suspectés d’avoir « participé, chacun à leur échelle, à des réseaux d’immigration illégale coopérant entre eux afin de tirer toujours plus de profits d’étrangers en situation irrégulière désireux de passer en Angleterre », selon les éléments du dossier. Deux « réseaux communautaires », afghan et irako-kurde, ont été identifiés.
Les rôles attribués par le parquet aux 14 mis en cause sont divers : organisateurs de la traversée, chauffeurs, logeurs, etc. La plupart contestent leur responsabilité, certains, côté irako-kurde, s’étant présentés comme de simples migrants.
Réactions et suite judiciaire
Matthieu Chirez, avocat de 113 parties civiles, s’est félicité du futur procès, y voyant « une première étape dans la reconstitution judiciaire de ce naufrage dramatique ».
Parallèlement, l’information judiciaire se poursuit pour des militaires mis en cause dans ce drame. De nouvelles auditions ont eu lieu ces derniers mois, a appris l’AFP de sources proches du dossier.
Ce volet, détaché pour des raisons procédurales, concerne au moins sept militaires français : cinq personnels du Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (CROSS) Gris-Nez et deux marins du patrouilleur Le Flamant. Ils sont mis en examen pour non-assistance à personne en danger.



