Faute d'encadrement suffisant, le Centre communal d'action sociale (CCAS) de Roquebrune-Cap-Martin a annoncé ne pas reconduire le dispositif Handiplage sur la plage Berlioz à Carnolès pour l'été 2026. Cette décision met entre parenthèses l'un des services municipaux les plus emblématiques en matière d'accessibilité, alors que la commune était pionnière sur la Côte d'Azur depuis 2004.
Un service suspendu malgré le label Handiplage 4 bouées
Roquebrune-Cap-Martin avait obtenu en 2023 le label Handiplage 4 bouées, le plus haut niveau décerné par l'association du même nom. L'été dernier, le site avait enregistré 1 540 accompagnements à la baignade, soit une moyenne de 27 actes par jour. Le service permettait d'accueillir gratuitement, sept jours sur sept, des personnes en situation de handicap, avec une aide individualisée à la mise à l'eau et à la baignade.
Le CCAS assure toutefois que l'accès à la plage et à la baignade pour les personnes en situation de handicap n'est pas supprimé. La plage Berlioz conservera plusieurs aménagements : cheminement en bois, descente adaptée vers la mer, ligne d'eau sécurisée et filet anti-méduses. Les seniors du Club Animation du CCAS seront par ailleurs accompagnés vers le centre aquatique Les Bains du Cap.
Des difficultés de recrutement invoquées
Le CCAS évoque des « exigences humaines, techniques et réglementaires importantes » qui supposent de mobiliser du personnel « qualifié et spécifiquement formé ». Malgré les démarches engagées, les difficultés de recrutement n'auraient pas permis de garantir « le niveau d'encadrement attendu » en matière de sécurité et de qualité de service. La structure dit avoir fait « le choix de la responsabilité ».
L'opposant RN Guillaume Contesse y voit, lui, « une incohérence forte à supprimer, au moment même de la saison estivale et touristique, le service municipal le plus directement utile à l'inclusion ». Il compte en discuter lors du conseil municipal du 29 juin. L'élu rappelle aussi que la priorité donnée l'an dernier aux Roquebrunois avait été mal perçue par plusieurs habitués mentonnais.
Un financement assumé seul par le CCAS
Le CCAS rappelle de son côté avoir « assuré seul le financement du dispositif durant plusieurs années après l'arrêt de la mutualisation avec les communes voisines, tout en continuant à accueillir des bénéficiaires provenant de l'ensemble du territoire ». Il invite les personnes souhaitant bénéficier d'un accompagnement à la baignade à se tourner vers les dispositifs de Menton, Monaco et Cap-d'Ail. « Le réseau communautaire Zest permet également de faciliter les déplacements grâce à son service de transport à la demande », pointe-t-il.
Menton en solution de repli
Cette suspension pourrait reporter une partie des demandes vers les dispositifs voisins, notamment celui de Menton. Le site handiplage des Sablettes rouvrira le 1er juillet, tous les jours de 9 heures à 13 heures, jusqu'au 31 août. L'an dernier, 644 personnes y ont bénéficié d'une aide à la mise à l'eau. Cette année, trois handiplagistes formés seront présents. La responsable du dispositif, Christine Di Crescenzo, dit ne pas avoir rencontré de difficulté de recrutement : deux encadrants étaient déjà là en 2025 et ont souhaité revenir cette année.
Pour absorber les flux, un nouveau barème a été mis en place : 10 personnes maximum dans l'eau, 15 sur la plage, soit 25 au total. En prévention, la Ville a fait savoir qu'elle ouvrirait les réservations en priorité aux Mentonnais. Mais le site ne sera pas fermé aux habitants de la Riviera française ou aux touristes. « C'est une plage publique qui a vocation à accueillir tout le monde, assure Christine Di Crescenzo. Les personnes à mobilité réduite et leurs aidants, qu'ils viennent de Menton ou des communes limitrophes, ou même des touristes… On fera en sorte de satisfaire tout le monde à l'aide de rotations. »



