« Ma fille n’est pas un monstre » : le combat d’une mère pour la scolarisation de sa fille autiste
Mère se bat pour scolariser sa fille autiste de 4 ans

Le combat d’une mère pour l’inclusion scolaire de sa fille autiste

À Nîmes, dans le Gard, une mère de famille se bat avec détermination pour que sa fille de 4 ans, Chama, diagnostiquée autiste, puisse bénéficier d’une scolarisation adaptée à ses besoins. Sahra, sa maman, exprime sa tristesse et sa colère face au refus de l’école d’augmenter le temps de présence de sa fille, malgré une notification de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) qui lui octroie jusqu’à 24 heures d’accompagnement par une AESH (Accompagnant d’élève en situation de handicap).

Un parcours semé d’embûches pour trois heures de plus

Chama, scolarisée à l’école maternelle Lakanal dans le quartier de Pissevin, fréquentait initialement l’établissement douze heures par semaine depuis septembre. Sahra a demandé trois heures supplémentaires pour permettre à sa fille de réaliser une journée complète, arguant que la notification MDPH prévoit un plafond de 24 heures. « Aller à l’école fait énormément de bien à Chama. Elle est dans l’imitation, elle progresse de jour en jour et tous les thérapeutes qui la suivent disent que c’est bénéfique pour elle », explique-t-elle.

Pourtant, l’école a opposé un refus, invoquant une fatigue potentielle de l’enfant. Un refus confirmé lors d’une réunion le 14 mars dernier avec l’enseignante, puis par un courriel de l’inspecteur d’académie en mai. « L’école m’a répondu non au motif fallacieux qu’elle serait fatiguée. Et ma fille n’a pas été emmenée lors d’une sortie au cinéma. C’est de l’exclusion ! », s’indigne Sahra.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Une mobilisation sans relâche face à l’administration

La mère de Chama ne baisse pas les bras. Chaque vendredi après-midi, elle amène sa fille à l’école, qui la refuse systématiquement. Elle a également entrepris plusieurs actions pour faire valoir ses droits :

  • Récolte de 340 signatures sur une pétition de soutien.
  • Dépôt d’une plainte pour discrimination au commissariat.
  • Saisine du Défenseur des droits, qui s’apprête à envoyer un rappel à la loi à l’établissement et à l’académie.
  • Préparation d’un référé au tribunal administratif.

« Une telle inégalité dans la prise en charge des enfants est indigne. À quoi sert la loi de 2005 qui garantit l’accès à l’éducation pour les enfants handicapés ? », interroge-t-elle avec amertume.

L’Éducation nationale justifie sa position

Christophe Mauny, directeur académique des services de l’Éducation nationale (Dasen) du Gard, reconnaît un « problème d’interprétation » concernant la notification MDPH. « C’est à l’équipe de suivi de scolarisation d’apprécier où l’on place le curseur. Il n’y a pas de discussion sur la notification, nous devons la respecter évidemment, mais augmenter le nombre d’heures, quand et comment, cela se décide au regard de ce que l’enfant donne à voir à l’école », précise-t-il.

Il insiste sur « l’intérêt supérieur de l’enfant pour que l’inclusion ne soit pas subie » et annonce que la famille va être reçue pour apaiser la situation et clarifier les incompréhensions.

Un message d’espoir pour les autres familles

Sahra souhaite que son combat serve de catalyseur pour d’autres parents confrontés à des difficultés similaires. « Les gens ont peur mais mon enfant n’est pas un monstre. J’aimerais que mon combat mette en lumière les obstacles persistants à l’inclusion scolaire des enfants autistes et encourage les parents confrontés à des situations similaires à agir », témoigne-t-elle avec émotion.

Son histoire illustre les défis quotidiens rencontrés par les familles d’enfants en situation de handicap, et rappelle l’importance d’une application effective des lois sur l’inclusion scolaire.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale