Menton : une mère se bat pour la scolarisation à temps plein de son fils atteint de TDAH
Mère mentonnaise combat pour son fils TDAH exclu de l'école l'après-midi

Le combat d'une mère azuréenne pour la scolarisation de son fils atteint de TDAH

Depuis le mois de février dernier, une situation particulièrement difficile secoue une famille mentonnaise et met en lumière les obstacles rencontrés par de nombreux parents d'enfants en situation de handicap. Lorenzo, un petit garçon de cinq ans atteint d'un trouble du déficit de l'attention avec hyperactivité (TDAH) officiellement reconnu, n'est plus accueilli à l'école maternelle Manon des Sources de Menton que durant la matinée. L'après-midi, il reste sous la responsabilité exclusive de sa mère, Marine Mauchamp, qui conteste fermement cette décision et se bat pour un retour à la normale.

« On m'a dit qu'il était dangereux » : le choc d'une exclusion

Marine Mauchamp, jeune mère de trois enfants, ne comprend pas la justification apportée par l'institution scolaire. « Mon fils a un TDAH reconnu. Je ne nie pas ses difficultés : il a pu avoir des moments de colère, parfois des comportements violents. Mais aujourd'hui, il est suivi par une équipe médicale et bénéficie d'un traitement adapté », explique-t-elle. La décision de scolarisation à mi-temps, prise le 10 février, l'a profondément choquée. « On m'a dit qu'il était “dangereux”. On parle d'un enfant de cinq ans. Il est suivi depuis l'âge de deux ans et demi. Dire qu'il n'est pas pris en charge est inacceptable. La seule réponse de l'école, c'est que ce n'est pas leur problème », déplore-t-elle.

La mère insiste sur le fait qu'aucun document médical ne recommande une telle exclusion partielle. Selon son avocate, c'est bien à l'institution de trouver une solution adaptée pour permettre une scolarisation inclusive. Cette situation administrative a des répercussions humaines et pratiques considérables.

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Les conséquences dévastatrices sur l'enfant et la famille

Au-delà des procédures, c'est le bien-être de Lorenzo qui est en jeu. « Lorenzo le vit très mal. Il me demande : “Maman, j'ai été sage, pourquoi je ne peux pas aller à l'école ?” C'est dévastateur. J'ai l'impression qu'on est en train de le briser », confie Marine Mauchamp, la voix empreinte d'émotion. La charge quotidienne devient également intenable pour la famille.

« C'est intenable. Je risque de perdre mon travail. On me demande de récupérer Lorenzo à 13h30. Je n'ai pas le choix : je l'emmène avec moi au travail l'après-midi. C'est compliqué, y compris vis-à-vis de mes employeurs », explique la mère, qui élève seule ses trois enfants. Son combat se résume à une demande simple mais essentielle : « Je voudrais qu'un enfant avec un TDAH puisse aller à l'école comme les autres. Qu'on lui donne une chance. On ne peut pas le condamner pour des comportements passés. Aujourd'hui, il progresse, il est suivi. Il doit pouvoir avoir une vie scolaire normale. »

Le soutien de l'association de parents et la réponse institutionnelle

Dans cette épreuve, Marine Mauchamp n'est pas seule. Elle a reçu le soutien actif de l'association de parents d'élèves FCPE des Alpes-Maritimes. Khadija El Ouahabi, présidente de l'association, s'indigne : « Nous demandons à l'Éducation nationale d'assumer pleinement ses responsabilités. Lorenzo doit être scolarisé en inclusion, pas exclu. Rien dans son dossier ne justifie une telle décision pour un enfant de cinq ans. Ce qui se passe est incompréhensible. »

Contactée, l'Inspection académique des Alpes-Maritimes a fourni une réponse officielle. Elle indique que la situation fait l'objet d'un suivi attentif et coordonné, impliquant l'inspecteur de l'Éducation nationale et les services spécialisés de l'adaptation scolaire (ASH). L'institution justifie la mesure de scolarisation à temps partiel par « un comportement agressif s'intensifiant en fin de matinée », ayant conduit à une décision collective prise le 10 février en réunissant la famille et les professionnels de santé. Selon elle, cette mesure visait à « proposer un cadre adapté tout en veillant à garantir un environnement serein et sécurisant pour lui-même, comme pour les autres élèves ».

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Une lueur d'espoir et un problème plus large

Néanmoins, une évolution positive semble se dessiner. L'Inspection académique précise que « les évolutions récentes de sa prise en charge thérapeutique permettent aujourd'hui d'envisager une reprise à temps plein à partir de cette semaine ». Un nouveau point d'étape est prévu le 28 avril avec tous les acteurs concernés pour évaluer la situation et ajuster les modalités d'accompagnement.

Si le cas de Lorenzo pourrait trouver une issue favorable, il révèle une réalité bien plus étendue et préoccupante. Pour de nombreuses familles d'enfants en situation de handicap, qu'il s'agisse de TDAH, d'autisme ou de troubles « dys », la scolarisation reste un véritable parcours du combattant, semé d'obstacles administratifs et de manque de moyens. Le combat de Marine Mauchamp dépasse ainsi son cadre personnel pour interroger les politiques d'inclusion scolaire et la capacité du système éducatif à accueillir tous les enfants, sans discrimination.