Une sportive handicapée confrontée à l'incivilité dans les transports
Véronique Prouteau, habitante de Châtelaillon-Plage et sportive accomplie malgré son handicap, constate avec amertume une dégradation relationnelle marquée envers les personnes à mobilité réduite. Handicapée depuis une dizaine d'années, elle affirme que le respect s'est progressivement effrité, laissant place à des comportements agressifs et indifférents.
L'incident du TER qui a tout changé
Le lundi 9 mars, dans le TER reliant La Rochelle à Châtelaillon, Véronique Prouteau a vécu ce qu'elle qualifie d'incivilité de trop. Alors qu'elle anticipait sa descente à la gare de Châtelaillon, réputée peu adaptée aux personnes handicapées, un homme a volontairement bloqué son passage avec son fauteuil roulant. « Il ne voulait pas que je passe, c'est tout », raconte-t-elle, déplorant l'absence d'explication de sa part.
Des menaces et une plainte déposée
La situation a rapidement dégénéré lorsque l'homme lui aurait lancé « Ta gueule » puis menacé : « Tu vas descendre oui, je vais te pousser, tu vas voir ». Devant témoins et un contrôleur, Véronique Prouteau a immédiatement noté ces propos dans un carnet avant d'appeler la gendarmerie. Le TER est resté bloqué en gare le temps de l'intervention, tandis que certains passagers manifestaient leur impatience, semblant indifférents à l'incident.
Une plainte pour menaces sur personne vulnérable a été officiellement déposée, marquant une étape déterminante dans son combat contre l'incivilité.
Un phénomène quotidien et systémique
Pour Véronique Prouteau, cet incident n'est malheureusement pas isolé. Elle dénonce des incivilités récurrentes :
- Des piétons et cyclistes qui la réprimandent lorsqu'elle circule sur les trottoirs ou pistes cyclables
- Des emplacements handicapés dans les trains constamment encombrés par des bagages ou trottinettes
- Une absence d'assistance dans certaines gares non adaptées
« Ces places sont cruciales pour notre sécurité. Une fois, une valise est tombée à trois centimètres de ma jambe. Dans le couloir, on devient prisonnier », explique-t-elle, soulignant les risques encourus.
Un parcours de résilience et de prise de conscience
Paralysée d'une jambe suite à un accident il y a dix ans, Véronique Prouteau avait opté pour une trottinette adaptée pendant six ans avant de reprendre récemment le fauteuil électrique après une grave chute en parachute. Cette transition lui a ouvert les yeux sur l'aggravation des conditions pour les personnes handicapées. « En récupérant le fauteuil, je mesure combien la situation s'est détériorée. Ce n'est vraiment pas rassurant », confie-t-elle, appelant à une prise de conscience collective.
Son témoignage poignant met en lumière les défis quotidiens auxquels font face les personnes à mobilité réduite, et l'urgence de restaurer un climat de respect et de solidarité dans l'espace public.



