Frontignan : quatre collégiens handicapés privés d'accompagnement, leurs mères alertent l'Académie
Collégiens handicapés sans AESH à Frontignan, l'Académie interpellée

Frontignan : quatre collégiens en situation de handicap privés d'accompagnement scolaire

À Frontignan, dans l'Hérault, une situation préoccupante mobilise quatre mères d'élèves du collège Simone de Beauvoir. Leurs enfants, atteints de troubles du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), ne bénéficient plus d'accompagnement par des AESH (Accompagnants d'Élèves en Situation de Handicap) depuis la rentrée scolaire de septembre 2025. Ces mamans interpellent directement l'Académie de Montpellier pour réclamer une solution urgente.

Des conséquences directes sur la scolarité et le moral des élèves

Elodie, mère d'une collégienne de 12 ans en classe de cinquième, témoigne avec émotion. "C'est une enfant dysorthographique, dyslexique et dyscalculique", explique-t-elle. "La MDPH de l'Hérault a confirmé son droit à un accompagnement, particulièrement dans les matières principales. Mais à ce jour, il n'y a pratiquement rien. Les notes chutent, et depuis septembre, c'est une véritable catastrophe. Ma fille n'a même plus envie d'aller à l'école."

Emmanuelle, maman d'un autre élève de cinquième, abonde dans ce sens. Son fils, présentant un TDAH sévère à 93%, ambitionne de faire médecine. "En sixième, il avait une excellente moyenne, mais ce n'est plus le cas", déplore-t-elle. "Au premier trimestre, il a perdu quatre points. Il est très fort en sciences, mais on sent qu'il lâche prise. Il a absolument besoin d'un AESH pour le recadrer en cours et l'empêcher de se disperser."

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Un problème systémique lié à des départs non remplacés

Gaël, une autre mère concernée, souligne que toutes les familles sont confrontées au même problème. "L'année dernière, nos enfants avaient suffisamment d'AESH, mais il y a eu des démissions et des arrêts maladie qui n'ont pas été remplacés", précise-t-elle. "Mon fils a terminé l'année avec des félicitations et une moyenne de 17 sur 20. Tout a commencé à flancher quand l'AESH de la rentrée a démissionné sans remplacement. On nous répond qu'il n'y a plus de budget pour embaucher. Nos enfants ont pourtant le droit à cet accompagnement."

Depuis septembre, ces jeunes collégiens ne reçoivent aucun soutien personnalisé. Leurs mères s'inquiètent profondément : cette absence menace non seulement leur scolarité, mais aussi leur bien-être et leur inclusion au sein de l'établissement.

L'Académie reconnaît des difficultés mais se veut rassurante

Sandy-David Noisette, directeur académique adjoint de l'Hérault, apporte son éclairage sur la situation. "La difficulté à Frontignan ne vient pas d'un nombre insuffisant d'AESH, mais principalement de quatre arrêts maladie de longue durée dans le premier degré", explique-t-il. "Nous ne pouvons pas les remplacer car 100% de nos moyens ont été alloués. Dans ce cas, nous retravaillons les emplois du temps. Les ressources disponibles sont déployées en priorité pour les bénéficiaires, sans pénaliser les collégiens ayant une notification pour handicap sévère. Leur chance de réussite reste totalement préservée."

Le représentant de l'Éducation nationale se montre néanmoins optimiste pour l'avenir. Les personnels manquants devraient reprendre leur service dès janvier 2026, laissant espérer un retour à la normale prochainement. En attendant, les familles restent vigilantes et continuent de militer pour que les droits de leurs enfants soient pleinement respectés.

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