Une initiative inclusive pour adapter l'école aux besoins des écoliers alésiens
À Alès, une maman d'un enfant autiste, Veronica Pourry, a lancé un projet novateur visant à équiper les classes d'une boîte à outils sensorielle. Ce matériel, comprenant des objets comme un fauteuil œuf, un casque antibruit ou une peluche lestée, est conçu pour aider les élèves à se concentrer et se canaliser, bénéficiant tant aux enfants porteurs de handicap qu'à leurs camarades.
L'origine personnelle d'un projet collectif
Veronica Pourry, originaire d'Argentine et installée à Alès depuis 2020, a été confrontée aux difficultés scolaires de son fils Luca, atteint d'autisme. Grâce à ses recherches et aux conseils de professionnels, elle a découvert des équipements simples mais essentiels, comme une règle texturée ou un coussin d'assise dynamique, qui ont transformé le quotidien de son enfant. Convaincue de leur utilité, elle a imaginé étendre ces bénéfices à tous les écoliers.
Bertrand Maily, directeur de l'école Romain-Rolland où est scolarisé Luca, soutient cette démarche. Il observe que de nombreux élèves ont du mal à rester en place ou à patienter en classe, et estime que des outils comme un minuteur pourraient être utiles à tous. "Beaucoup d'élèves ne tiennent plus en place, certains ne savent plus attendre. Tout paraît trop long en classe", explique-t-il.
Un projet soutenu par l'Éducation nationale
Le projet, intitulé "Ouvrir les portes", a été déposé sur la plateforme "Trousse à projets" de l'Éducation nationale, dédiée au financement participatif. Il vise à mettre dans chaque classe une boîte à outils pour aider les élèves à se concentrer, se canaliser ou se rassurer, "pour permettre à tous de travailler dans le calme". Myriam Chaillou, une enseignante spécialisée en Rased, a établi la liste des équipements, affirmant que cette approche "vise à adapter l'environnement scolaire aux besoins des élèves plutôt que d'attendre que chaque enfant s'adapte à l'école".
Veronica Pourry souligne l'aspect inclusif du projet : "Quand ils voient Luca avec son casque, ses camarades lui posent des questions, et il explique. Ça crée du lien". Bertrand Maily ajoute : "On peut tous avoir un besoin spécifique à un moment", résumant ainsi la philosophie de cette initiative.
Un appel aux dons pour un financement équitable
Un appel aux dons a été lancé, espérant toucher des entreprises et des institutionnels. Bertrand Maily, également représentant de la FSU Snu Ipp, insiste sur la nécessité d'un financement public : "Ce n'est pas aux parents de financer ça. L'école inclusive, c'est un projet gouvernemental, donc ça devrait être financé par l'État, l'Éducation nationale, la mairie…". Les dons peuvent être effectués en ligne jusqu'au 11 avril 2026.
Ce projet illustre une démarche proactive pour rendre l'école plus accessible et bienveillante, en mettant l'accent sur l'empathie et l'adaptation aux besoins individuels des élèves.



