Un appel à l'accessibilité démocratique avant les municipales
À quelques semaines des élections municipales des 15 et 22 mars, Jérémie Boroy, président du Conseil national consultatif des personnes handicapées, lance un appel pressant aux candidats. Il les exhorte à rendre leurs campagnes électorales accessibles à tous les électeurs, y compris ceux qui vivent avec un handicap visuel, auditif ou cognitif.
Une question d'égalité démocratique fondamentale
« Que font les candidats pour que leurs campagnes soient accessibles à tous les électeurs, y compris ceux qui ne voient pas, qui n'entendent pas, ou qui ont un léger retard mental ? » interroge sans détour Jérémie Boroy. Pour lui, cette question représente bien plus qu'une simple préoccupation technique : elle touche au cœur même du principe d'égalité démocratique.
Le président du Conseil national consultatif des personnes handicapées, qui s'implique activement dans l'organisation du scrutin municipal pour les personnes en situation de handicap, observe que si des progrès ont été réalisés lors des dernières élections législatives et de la présidentielle, notamment en matière d'interprétation en langue des signes, « pour les municipales, qui sont pourtant le scrutin le plus ancré dans la vie quotidienne et celui qui mobilise le plus largement, les choses sont moins évidentes ».
Des outils concrets et gratuits disponibles
En collaboration avec la chaire universitaire Aditus de l'université de Pau et des Pays de l'Adour, dont il est codirecteur, Jérémie Boroy a repris son bâton de pèlerin pour sensibiliser les candidats landais. Son objectif est clair : leur démontrer qu'il existe des outils concrets et gratuits pour rendre leurs programmes et leurs réunions accessibles à tous.
« Il ne s'agit pas d'un effort insurmontable », insiste-t-il. « Encore faut-il ne pas s'y prendre au dernier moment afin que les personnes en situation de handicap puissent s'emparer des propositions. »
Parmi les solutions évoquées figure notamment la rédaction de documents via la méthode Facile à lire et à comprendre (Falc), qui permet d'assurer que les propositions politiques soient comprises par l'ensemble des citoyens. « Et surtout, qu'on ne nous parle pas uniquement de handicap », précise Jérémie Boroy. « Nous sommes des citoyens comme les autres. Nous voulons aussi comprendre les positions sur la fiscalité, la voirie, l'école ou les loisirs. »
Des réunions d'information pour sensibiliser les candidats
Une première réunion d'information s'est tenue le 16 février à Mont-de-Marsan sur cette thématique cruciale. Selon les organisateurs, seules Geneviève Darrieussecq et Marie-Laure Lafargue, numéro 2 sur la liste de Frédéric Dutin, ont fait le déplacement. L'équipe de Charles Dayot était également représentée, selon l'entourage du maire sortant, qui n'a pas révélé l'identité de la personne présente. Quant à Nicolas Lerègle, il n'a pu s'y rendre, étant occupé par sa réunion de présentation de programme qui tombait le même jour.
Une seconde rencontre est programmée le mercredi 25 février, de 17 h 30 à 19 heures, au Village landais Alzheimer, rue Pascal-Lafitte à Dax. Cette session s'adresse à l'ensemble des candidats landais, têtes de liste, colistiers, permanents des formations politiques ainsi qu'aux citoyens engagés dans la campagne. Elle représente une nouvelle occasion, pour les équipes en lice, de faire de l'accessibilité un véritable enjeu démocratique.
Les réponses des candidats
À Mont-de-Marsan, plusieurs candidats ont répondu aux sollicitations concernant l'accessibilité de leurs campagnes. Pour Nicolas Lerègle (RN), « mes documents de campagnes sont conçus dans cette approche. Un texte court et des formats de papiers commodes ».
Frédéric Dutin, quant à lui, semble avoir anticipé ces préoccupations : « Mon site est développé pour le rendre accessible aux déficients cognitifs et aux malvoyants. Il y a même des fonctions qui permettent de jongler avec la taille de la police et les couleurs. Ma profession de foi sera prévue en Falc sur le site du ministère de l'Intérieur. »
Geneviève Darrieussecq se montre également sensible à ce sujet : « J'ai déjà utilisé cette méthode Facile à lire et à comprendre à l'occasion des élections législatives et je le referai pour les municipales, même si ce n'est pas une obligation. » Charles Dayot suit la même voie et utilisera également la méthode Falc pour sa profession de foi.
La participation à la réunion du 25 février est gratuite, sur inscription à l'adresse tdemay@univ-pau.fr. Cette initiative représente une étape importante dans la reconnaissance du droit fondamental de toutes les personnes, quel que soit leur handicap, à participer pleinement à la vie démocratique.



