Un ancien militaire amputé des deux jambes confronté à un refus de prise en charge en rééducation
Piero Loddo, un ancien parachutiste de 61 ans, vit un calvaire depuis sa double amputation des membres inférieurs survenue l'hiver dernier à Tignieu-Jameyzieu en Isère. Atteint de graves problèmes circulatoires, il se retrouve aujourd'hui dans l'impossibilité d'accéder à un programme de rééducation essentiel pour retrouver sa mobilité avec des prothèses. "J'ai l'impression d'être dans une prison dorée", confie-t-il, exprimant son sentiment d'enfermement et d'injustice partagé avec sa compagne, Bénédicte Chollet.
Une situation médicale complexe qui bloque l'accès aux soins
Malgrès une quarantaine de demandes adressées à divers établissements, y compris l'Hôtel national des Invalides, aucun centre de rééducation n'a accepté de prendre en charge Piero Loddo. Les raisons invoquées sont liées à sa condition médicale délicate, nécessitant la gestion simultanée de sa convalescence et de séances de dialyse dues à un diabète et une insuffisance rénale. Cette impasse thérapeutique compromet sérieusement ses espoirs de remarcher et de regagner son autonomie.
Des obstacles financiers aggravés par des limites d'âge
Le couple a sollicité l'intervention des ministères des Armées et de la Santé, recevant une réponse du ministère des Armées promettant un examen de la situation par l'action sociale des armées. Cependant, Bénédicte Chollet reste prudente, soulignant que même en cas d'acceptation dans un centre, le financement pose problème. Piero Loddo, amputé à 61 ans, dépasse l'âge limite pour bénéficier de la Prestation de compensation du handicap (PCH), et doit se contenter de l'Allocation personnalisée d'autonomie, moins avantageuse.
Une lueur d'espoir avec une aide financière modeste
Malgré ces difficultés, une bonne nouvelle est survenue : l'Office national des anciens combattants a accordé une aide de 2 000 euros à Piero Loddo. Cette somme devrait lui permettre d'installer un monte-escalier, une première étape vers une liberté retrouvée dans son quotidien. Toutefois, cette assistance reste insuffisante face aux besoins globaux de rééducation et d'autonomie.
Cette histoire met en lumière les défis systémiques rencontrés par les personnes handicapées, en particulier les anciens militaires, dans l'accès aux soins de rééducation et aux soutiens financiers adaptés. Elle soulève des questions cruciales sur l'efficacité des dispositifs d'aide et la nécessité de réformes pour mieux accompagner les individus dans des situations médicales complexes.



