L'Unaf saisit la justice contre le report de l'âge pour la majoration des allocations familiales
L'Union nationale des associations familiales (Unaf) a annoncé, ce mardi, avoir déposé un recours en annulation devant le Conseil d'État. Cette action juridique vise à contester le décret gouvernemental qui reporte de 14 à 18 ans l'âge ouvrant droit à la majoration des allocations familiales. Entrée en vigueur le 1er mars, cette mesure est vivement critiquée par l'organisation, qui la qualifie de préjudiciable pour les foyers français.
Une quasi-suppression de la majoration dénoncée
Selon l'Unaf, ce décret entraîne une « quasi-suppression de cette majoration » et provoque « de lourdes pertes pour les familles ». Dans un communiqué officiel, l'organisation déplore que le texte ne tienne pas compte du surcoût financier engendré par un adolescent pour ses parents. En effet, la mesure réduit non seulement le nombre d'années pour bénéficier de la majoration, de 18 à 20 ans, mais son mode de calcul exclut également un nombre important de bénéficiaires.
Dans les faits, cette majoration va disparaître « pour la plupart des familles ». Compte tenu des écarts d'âge moyens entre frères et sœurs, les cas permettant encore d'en bénéficier deviendront « résiduels », selon les analyses de l'Unaf.
Des conséquences financières concrètes pour les ménages
L'Unaf illustre l'impact de cette réforme par un exemple concret : une famille modeste de quatre enfants. Les deux aînés, nés avant le 1er mars 2012, restent concernés par la majoration, mais les deux cadets perdent définitivement tout droit à cette aide. Cela représente un manque à gagner de 10 800 euros pour ce foyer.
Le gouvernement justifie cette mesure par des impératifs budgétaires. Le décalage dans la majoration des allocations permettrait de réaliser 210 millions d'euros d'économies dès 2026, puis 1,2 milliard par an d'ici à quatre ans. Ces économies sont destinées à financer le nouveau congé de naissance, qui entrera en vigueur au 1er juillet, et s'ajoutera aux congés maternité et paternité.
L'Unaf dénonce une économie disproportionnée
L'Unaf conteste fermement « l'ampleur de l'économie réalisée au détriment des familles », chiffrée à 1,28 milliard d'euros. En effet, le coût de la prestation va passer de 1,6 milliard à seulement 300 millions d'euros. Considérant le décret comme « disproportionné et injuste », l'organisation demande au Conseil d'État de l'annuler purement et simplement.
Cette bataille juridique met en lumière les tensions entre les politiques sociales et les contraintes financières de l'État. L'Unaf, en tant que défenseur des intérêts familiaux, estime que cette réforme pénalise injustement les ménages, particulièrement les plus modestes, au profit d'autres mesures sociales.



