Expulsion de Xenia Fedorova : divisions au RN et chez Bolloré
Xenia Fedorova : le RN et Bolloré sous tension

Dix-neuf mois. C'est le temps qu'il aura suffi à Xenia Fedorova, chroniqueuse russe accusée de relayer la propagande du Kremlin en France et visée par un arrêté ministériel d'expulsion, pour semer la zizanie au sein de la droite radicale. Au Rassemblement national, à moins d'un an d'une élection présidentielle cruciale, la polémique lancée par son expulsion expose au grand jour de profondes divisions internes entre les tenants de la ligne historique russophile et ceux qui, autour de Jordan Bardella, défendent l'Ukraine.

Une influence controversée dans l'empire Bolloré

Dans l'empire médiatique de Vincent Bolloré, où sa protégée a bénéficié d'une liberté presque totale pour déverser dans l'espace public français le narratif du régime de Vladimir Poutine, son influence a suscité un profond malaise. Les journalistes et collaborateurs de ces médias, contraints de côtoyer une voix ouvertement alignée sur les intérêts russes, ont vu leurs inquiétudes grandir au fil des mois.

Cette situation a créé des tensions internes, certains dénonçant une complaisance dangereuse, d'autres préférant garder le silence pour préserver leur position. La décision du ministère de l'Intérieur, matérialisée par un arrêté d'expulsion, a finalement mis un terme à cette présence, mais les séquelles persistent.

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Des fractures internes au Rassemblement national

Au sein du RN, la question ukrainienne a toujours été un sujet sensible. La ligne historique, incarnée par Marine Le Pen et une partie de l'appareil, prône une certaine proximité avec Moscou, héritage des financements russes passés. À l'inverse, Jordan Bardella et ses soutiens affichent une position plus ferme en faveur de Kiev, soucieux de crédibiliser le parti sur la scène internationale.

L'affaire Fedorova a agi comme un révélateur : les échanges entre cadres se sont tendus, et les prises de position publiques se sont multipliées, brisant l'image d'unité que le parti tentait de maintenir. À l'approche de la présidentielle, cette division pourrait coûter cher électoralement, notamment auprès d'un électorat sensible aux questions de souveraineté et de sécurité.

Les conséquences politiques et médiatiques

L'expulsion de Xenia Fedorova, officialisée par un arrêté ministériel, n'est pas un acte anodin. Elle intervient dans un contexte de vigilance accrue face aux ingérences étrangères, et envoie un signal fort aux relais d'influence russes en France. Pour le gouvernement, il s'agit de réaffirmer la fermeté de l'État face aux tentatives de déstabilisation.

Côté médias, l'empire Bolloré doit désormais gérer les retombées de cette affaire. La liberté laissée à la chroniqueuse a été perçue comme un laisser-aller, et les directions de rédaction sont sommées de s'expliquer. Certains observateurs y voient une opportunité de recentrer les lignes éditoriales, tandis que d'autres redoutent une mainmise encore plus marquée sur les contenus.

Alors que la présidentielle se profile, cette affaire laisse des traces durables. Les divisions au RN, bien que contenues en public, restent vives en coulisses. Quant à l'empire médiatique, il devra composer avec une confiance ébranlée, tant auprès du public que des professionnels du secteur. L'impact de cette expulsion se mesurera dans les mois à venir, tant sur le plan politique que médiatique.

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