Harvey Weinstein rompt le silence avant son procès, dénonçant ses conditions de détention
Weinstein rompt le silence avant son procès, dénonce sa détention

Harvey Weinstein brise le silence avant son nouveau procès

À un mois d'un nouveau procès, Harvey Weinstein, âgé de 73 ans, a décidé de rompre le silence. L'ancien magnat du cinéma tente de sensibiliser l'opinion publique à ses conditions de détention et s'explique sur son comportement passé. Condamné en 2023 à seize ans de prison pour viol, il sera de nouveau jugé en avril pour une autre affaire d'agression sur une actrice.

Une détention spartiate à Rikers Island

Celui qui symbolise pour beaucoup la toute-puissance du mâle dominant de Hollywood purge actuellement sa peine dans une cellule spartiate de la prison de Rikers Island à New York. Il est placé en isolement quasi complet vingt-trois heures par jour. « Je ne parle qu'aux gardiens et aux infirmières. C'est toute l'étendue de ma vie sociale ici », explique-t-il au magazine américain The Hollywood Reporter. « Il n'y a aucune interaction sociale dans mon aile. Parce que c'est Rikers Island et que c'est l'enfer ici… »

Sa seule détente réside dans la lecture, le visionnage de films et les appels téléphoniques autorisés toutes les trois heures à des amis, ses avocats et ses trois enfants qui n'ont pas coupé les ponts avec lui. Il estime que ces contacts sont « la seule chose qui me garde sain d'esprit ».

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La peur des violences en prison

L'ancien producteur vit dans la crainte constante de subir des violences. Il raconte un incident où il a été pris à partie par un autre détenu. « Une fois, je voulais utiliser le téléphone. J'ai demandé au gars devant moi s'il avait fini. Il a raccroché et m'a frappé violemment au visage. Je suis tombé au sol, je saignais de partout. J'ai été gravement touché », témoigne-t-il. Il a refusé de dénoncer l'agresseur, affirmant : « On ne peut pas être une balance. C'est la loi de la jungle… »

Sa renommée en fait une cible privilégiée parmi les détenus. « C'est trop dangereux pour moi d'être entouré par d'autres personnes », reconnaît-il. « Les autres détenus peuvent aller dans la cour. Mais chaque fois que j'y suis, j'ai l'impression d'être assiégé. Ils s'approchent et me disent : “Weinstein donne-moi de l'argent”, “Weinstein, donne-moi ton avocat”, “Fais ceci, fais cela…” On se moque de moi et on me menace constamment. Je ne ferai pas long feu là-bas. »

Des problèmes de santé et un appel à la clémence

Miné par plusieurs maladies, dont un cancer, du diabète, une leucémie et des problèmes cardiaques, le fondateur des studios Miramax se déplace en fauteuil roulant. Il vit reclus dans une aile médicale de la prison. « C'est incroyable d'avoir eu la vie que j'ai eue et d'avoir fait tout ce que j'ai fait pour la société, et de ne pas bénéficier d'une certaine clémence qui me permettrait d'être traité avec plus de bienveillance », ajoute-t-il. « Quoi qu'on pense de ma vie, je n'ai pas été condamné à la peine de mort. J'aurai 74 ans en mars, je ne veux pas mourir ici… »

Des remords limités et une défense persistante

Interrogé sur d'éventuels remords, Weinstein admet avoir trompé ses deux femmes, qualifiant cela d'immoral. Cependant, il nie catégoriquement avoir agressé qui que ce soit. « Je n'ai agressé personne. C'est le grand mensonge de toute cette affaire », soutient-il, malgré les accusations de nombreuses actrices qui l'accusent d'avoir promis des rôles en échange de faveurs sexuelles.

Pour justifier son comportement passé, il déclare : « Quand un gars vous invite dans sa chambre d'hôtel au milieu de la nuit, vous savez ce qui est à l'ordre du jour ». Il reconnaît avoir dépassé les bornes : « J'ai dépassé les bornes, c'est certain. Je pouvais être un horrible tyran. J'ai utilisé le pouvoir de manière arrogante… J'ai flirté de façon excessive, créé des situations ridicules, eu un comportement déplacé et stupide. Mais je n'ai jamais forcé quelqu'un. » Il conclut avec assurance : « Je serai innocenté, je vous le promets… »

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