Le tribunal judiciaire d'Alès a condamné ce jeudi 4 juin un jeune homme de 23 ans à sept mois d'emprisonnement pour trafic de stupéfiants. Le prévenu, interpellé le 1er juin rue Marcel-Paul, à proximité du point de deal du quartier des Prés Saint-Jean, a été jugé en comparution immédiate. Les policiers, qui effectuaient une surveillance discrète, l'ont vu réaliser plusieurs transactions, notamment avec un artisan qui l'a formellement identifié comme son fournisseur de cocaïne.
Un prévenu sous OQTF qui nie les faits
Lors de l'audience, le jeune Alésien, qui fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français (OQTF), a contesté les accusations. « Je suis venu acheter ! Je suis parti en courant parce que je n'avais pas les papiers et je suis sous sursis », a-t-il déclaré. Il a affirmé se tenir tranquille depuis sa sortie de prison en août 2024, où il avait été incarcéré pour des violences. « La seule connerie que j'ai faite, c'est le coup de couteau », a-t-il ajouté, en référence à une agression survenue en août 2023.
Le procureur Abdelkrim Grini a fermement mis en doute sa sincérité : « J'ai le droit de ne pas vous croire et dans les déclarations que vous faites, je ne vous crois pas. Dans ce dossier, il n'y a aucun doute. » Il a rappelé que le prévenu avait été interpellé à l'endroit même où un jeune homme a été tué par balle la veille, le 3 juin. « Vous avez eu beaucoup de chance d'être interpellé il y a 48 heures, car cette rafale tirée sur ce jeune, ç'aurait pu être pour vous ! » a-t-il lancé.
Des réquisitions fermes
Le ministère public a requis une peine de dix à douze mois d'emprisonnement, le maintien en détention et une interdiction du territoire français pour une durée d'au moins cinq ans, soulignant que le prévenu compte six mentions sur son casier judiciaire et présente une « personnalité un peu particulière ».
La défense, assurée par Me Guillaume Garcia, a tenté de convaincre le tribunal de ne pas incarcérer son client. L'avocat a reconnu que son client avait donné « pour dix balles » de stupéfiants une fois, mais pour le compte d'un trafiquant, et a insisté sur le « profil particulièrement vulnérable » révélé par le rapport psychiatrique. Il a plaidé la clémence, estimant que « sa place n'est pas en prison ».
Une peine de sept mois ferme
Le tribunal n'a pas suivi les arguments de la défense. Le prévenu a été condamné à sept mois d'emprisonnement avec maintien en détention, assortis d'une interdiction du territoire français de deux ans. Cette décision intervient dans un contexte de violence accrue dans le quartier des Prés Saint-Jean, théâtre d'une fusillade mortelle la veille de l'interpellation.



