Le tribunal correctionnel de Béziers a condamné ce lundi 6 juillet un homme de 46 ans, de nationalité arménienne, à six mois de prison ferme et à une interdiction définitive du territoire français. Il était poursuivi pour avoir tenté de dérober pour plus de 2 800 € d'articles aux Galeries Lafayette de Béziers, le 1er juillet dernier.
Un vol de 20 articles Ralph Lauren
Le 1er juillet, l'homme, sans domicile fixe et venu de Marseille, a tenté de quitter le magasin situé allées Paul-Riquet avec 20 articles de la marque Ralph Lauren. Un agent de sécurité a réussi à l'intercepter et à récupérer la marchandise. La valeur totale des objets dérobés était estimée à plus de 2 800 €.
À la barre, le prévenu a tenté de justifier son geste : "Je suis venu à Béziers pour rencontrer une femme avec qui j'échangeais par téléphone." Une explication qui a irrité le président du tribunal : "Monsieur ! Ne nous racontez pas n'importe quoi parce que c'est fatigant ! Quand on parle d'un vol de plus de 2 800 €, c'est fatigant !"
Un casier judiciaire chargé
L'homme, en situation irrégulière en France depuis 2023 et demandeur d'asile, avait déjà été condamné à cinq reprises par des tribunaux du Sud-Est, toujours pour des vols. Il a expliqué son acte comme un geste compulsif : "Je ne sais pas ce qu'il m'a pris, c'était compulsif, je n'ai pas compté ce que j'ai volé."
Le procureur de la République de Béziers, Arnaud Faugère, a requis six mois de prison ferme avec mandat de dépôt et la révocation intégrale d'un sursis d'un an. "Le coup de tête dont monsieur parle, j'y crois assez peu. Et le fait qu'il devait retrouver une femme non plus. Vingt articles, ça fait quand même beaucoup, on n'a pas besoin de 20 t-shirts ou bermudas pour soi-même. Donc il y avait une autre utilisation pensée par le prévenu."
La défense plaide la précarité
L'avocate du prévenu, Maître Rebecca Smith, a tenté de défendre son client en mettant en avant sa situation précaire. "En parlant de la situation administrative de monsieur, vous avez soulevé un point sensible. Il s'agit d'un simple vol, des faits qu'il a immédiatement reconnus en garde à vue. Ce vol peut s'expliquer par la précarité de mon client. C'est un homme profondément désolé et il a exprimé ses regrets."
Le tribunal a finalement suivi les réquisitions du procureur : six mois de prison ferme avec mandat de dépôt, la révocation d'un précédent sursis de huit mois, et une interdiction définitive du territoire français. Après le prononcé, l'homme s'est retourné vers l'interprète pour demander : "Je vais aller en prison aujourd'hui ?" Le magistrat a répondu immédiatement : "Ah ça oui."



