Interdiction d'une vélorution dans la Roya : le juge donne raison au maire
Vélorution interdite à La Brigue : le tribunal valide l'arrêté

Le collectif franco-italien « 1 tunnel e basta » a organisé une « vélorution » le 31 mai dans la vallée de la Roya pour protester contre le doublement du tunnel de Tende. Cependant, l'étape prévue à La Brigue a été interdite par un arrêté municipal invoquant des raisons de sécurité. L'association Roya citoyenne, déclarante de la manifestation, a contesté cette décision devant le tribunal administratif de Nice, mais sans succès.

Les organisateurs défendent un cortège encadré

Dans un communiqué du 3 juin intitulé « Vigilance : touche pas à ma démocratie ! », Roya citoyenne dénonce un « précédent grave » et réaffirme le droit fondamental de manifester. L'association précise que le nombre maximum de participants annoncé était de 100, que l'événement a rassemblé 65 cyclistes cette année (contre 55 l'an dernier) et qu'il était encadré par trois véhicules de gendarmerie. Elle estime difficile d'imaginer qu'un cortège « pacifiste » composé de « nombreux enfants » puisse mettre en danger la sécurité des citoyens.

Roya citoyenne souligne également l'absence de dialogue avec la municipalité, malgré un courriel envoyé le 28 mai proposant de laisser les vélos à la gare, à cinq minutes du village. L'association rappelle que les maires ont pour mission de favoriser le dialogue social et de garantir les droits fondamentaux inscrits dans la Constitution française. « Qu'on soit pour ou contre le doublement du tunnel de Tende, le droit de manifester reste un droit fondamental ! » insiste-t-elle.

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Le maire invoque des raisons de sécurité

Le maire de La Brigue, José Pastorelli, a expliqué à Nice-Matin les motifs de sa décision. Il confirme avoir pris l'arrêté après avoir reçu la demande trois jours et demi avant l'événement. « 100 cyclistes étaient prévus et un sit-in de 150 personnes était annoncé sur la place de Nice de 11h45 à 14h30. Or, nous avions le marché des producteurs locaux, très fréquenté, des chantiers et une pump-track qui neutralisaient la place, sans oublier des difficultés de circulation. Dans ces conditions, il me paraissait difficile d'assurer la sécurité des usagers. C'est mon devoir. J'ai essayé de l'expliquer aux organisateurs, mais on n'a pas réussi à se comprendre, donc j'ai pris cet arrêté le 27 mai. »

L'affaire portée en justice

José Pastorelli pensait l'affaire réglée lorsqu'il a reçu le 29 mai à 9h30 un courriel du tribunal administratif de Nice l'informant que l'association avait déposé un référé et qu'une audience publique était prévue à 15h45 le même jour. Surpris par ce recours, il a demandé à une adjointe de le représenter. L'audience a été brève : dans une ordonnance du 30 mai, le juge des référés a rejeté la requête de Roya citoyenne, estimant que l'association n'apportait pas d'éléments suffisants pour contester le risque invoqué par la commune ou démontrer le caractère disproportionné de l'interdiction. En conclusion, le juge a affirmé que « le maire de La Brigue ne peut être regardé comme ayant porté une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté de manifestation » en interdisant cette « vélorution ».

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