Le Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) a publié un rapport accablant sur la prison de haute sécurité de Condé-sur-Sarthe (Sarthe), dénonçant des violences, humiliations et abus de pouvoir systémiques. Selon le document, les détenus subissent des fouilles intégrales systématiques, des menottes quasi-permanentes et des conditions de détention dégradantes.
Des pratiques humiliantes et violentes
Le rapport, rendu public le 9 juillet 2025, révèle que les personnels pénitentiaires imposent des fouilles à nu systématiques, même pour des déplacements banals. Les détenus sont également entravés par des menottes lors de leurs promenades et de leurs parloirs. "Ces pratiques sont humiliantes et disproportionnées", a déclaré Dominique Simonnot, contrôleur général des lieux de privation de liberté. "Elles violent la dignité humaine."
Un climat de peur et de répression
L'enquête pointe un climat de peur instauré par la direction de l'établissement. Les détenus seraient régulièrement punis pour des motifs arbitraires, comme le refus de se soumettre à une fouille. "C'est une violence psychologique constante", témoigne un détenu sous couvert d'anonymat. "On nous traite comme des bêtes."
Des conséquences graves sur la santé mentale
Le CGLPL souligne que ces conditions de détention ont des conséquences graves sur la santé mentale des prisonniers. Selon le rapport, 30 % des détenus de Condé-sur-Sarthe présentent des troubles psychiatriques sévères, contre 20 % en moyenne dans les prisons françaises. "L'isolement et les humiliations aggravent leur état", précise le document.
Des recommandations ignorées
Le contrôleur général avait déjà émis des recommandations en 2023, mais celles-ci n'ont pas été suivies d'effet. "La situation s'est dégradée", déplore Dominique Simonnot. "Nous demandons la suppression des fouilles intégrales systématiques et la réduction du recours aux menottes." Le ministère de la Justice a annoncé une inspection approfondie, mais les associations de défense des droits des détenus jugent cette réponse insuffisante.



