Nantes : la justice déclare prescrits 100 signalements de violences dans un collège catholique
Le parquet de Nantes a rendu une décision qui a provoqué un choc profond parmi les victimes. Samedi 14 février 2026, il a déclaré prescrits plus de 100 signalements de violences physiques et sexuelles commises au sein de l'établissement catholique Saint-Stanislas à Nantes. Ces faits s'étaient déroulés entre la fin des années 1950 et la fin des années 1990.
Une révélation tardive et une réponse judiciaire controversée
Le silence avait été brisé fin août 2025, lorsque d'anciens élèves du collège-lycée privé Saint-Stanislas avaient dénoncé publiquement les violences subies. En réaction, le diocèse avait lancé un appel à témoins pour encourager d'autres victimes à se manifester dans les établissements catholiques de Loire-Atlantique.
En près de six mois, plus de 100 signalements ont été transmis au parquet de Nantes, dont 81 concernaient spécifiquement Saint-Stanislas. Cependant, dans un courrier consulté par 20 Minutes, la justice a indiqué que "les faits révélés ou dénoncés constituent bien une infraction mais le délai fixé par la loi pour pouvoir les juger est dépassé".
La colère et l'incompréhension des victimes
Pour Thierry Jaumouillé, porte-parole des victimes et ancien élève affirmant avoir subi des viols dans les années 1980, cette annonce a été brutale. À la lecture du courrier du procureur, il a exprimé de la "colère", du "dégoût" et une "envie de vomir". Après avoir échangé avec d'autres victimes, il a déclaré : "Nous sommes estomaqués, outrés, choqués devant la décision de la justice."
Si la qualification pénale des faits est reconnue, aucune poursuite ne pourra être engagée en raison de la prescription. Cette situation ravive la douleur des victimes et laisse un sentiment d'injustice persistant, malgré la reconnaissance officielle de la gravité des actes dénoncés.
Les implications de cette décision
Cette affaire soulève des questions cruciales sur le système judiciaire français et la prescription des crimes sexuels. Les victimes, qui avaient mis des décennies à briser le silence, se retrouvent face à une impasse légale. La décision du parquet de Nantes met en lumière les limites actuelles de la loi, qui peuvent empêcher la poursuite d'auteurs présumés même lorsque les faits sont graves et avérés.
Cette annonce intervient dans un contexte national où la prescription des violences sexuelles, notamment sur mineurs, fait l'objet de débats intenses. Des propositions de loi ont été déposées pour supprimer ou allonger les délais de prescription, reflétant une prise de conscience croissante de la nécessité de mieux protéger les victimes.



