Violences contre des policiers joggeurs à Paris : sept prévenus jugés
Violences contre joggeurs à Paris : sept prévenus jugés

Ce jeudi, sept prévenus, dont quatre militaires, comparaissent devant la 10e chambre du tribunal correctionnel de Paris, spécialisée dans les affaires militaires. Ils sont poursuivis pour des violences volontaires aggravées par l'état d'ivresse (sauf pour deux d'entre eux) et la réunion. Les faits remontent au 2 novembre 2025, vers 10 heures du matin, dans le quartier de la Villette à Paris.

Une agression gratuite et violente

Ce jour-là, Vincent G., la quarantaine, et Adrien M., la trentaine, tous deux policiers, effectuent leur jogging dominical en civil. Ils croisent un groupe d'une quinzaine de jeunes alcoolisés sortant d'une soirée au club Movida, un rassemblement de la communauté kanak. Sans raison apparente, la bande s'en prend à eux. Les coups pleuvent : un individu saute à pieds joints sur le visage de l'un des hommes à terre, et une balayette provoque la fracture du péroné d'Adrien M. « On n'a rien demandé à personne et on a pris une pluie de violence », témoigne ce dernier.

Une femme qui tente de s'interposer est également blessée, le bras cassé. Un troisième joggeur, qui vient en aide aux victimes, est roué de coups. La scène ne prend fin que lorsque des militaires de l'opération Sentinelle, alertés par un major, interviennent. Huit personnes sont identifiées par Adrien M. et interpellées. Son collègue est alors paralysé par la douleur.

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Des militaires parmi les agresseurs

Parmi les prévenus, quatre sont militaires. L'un d'eux, Claude M., était en service pour l'opération Sentinelle et a servi au Mali et au Maroc. Le procureur, indigné, leur rappelle leurs obligations : « On espère que vous saurez vous maîtriser quand vous aurez une arme de guerre entre les mains. » La présidente du tribunal ajoute : « Vous avez une fonction sensible. Vous êtes le bras armé de l'État, ce n'est pas n'importe quoi ! » Elle se dit soulagée d'apprendre que le troisième militaire a été exclu de l'armée suite à ces faits.

L'alcool, facteur aggravant

Les prévenus, tous âgés d'une vingtaine d'années, présentent des taux d'alcoolémie élevés, allant jusqu'à 0,95 mg par litre d'air expiré. Plusieurs d'entre eux étaient trop ivres pour être notifiés de leurs droits immédiatement après leur interpellation. Pourtant, la majorité nie les faits ou prétend ne se souvenir de rien. Seul Iwan T., un artilleur de 22 ans, reconnaît sa participation et s'excuse. Il explique avoir déclenché l'agression après avoir été heurté à l'épaule par l'un des joggeurs. Le major G., lui, est formel : c'est Steve K., avec « ce regard » et « ces yeux rouges », qui l'a poussé.

Des peines de prison avec sursis requises

Le procureur a requis des peines allant de dix mois d'emprisonnement dont cinq avec sursis à douze mois dont six avec sursis pour tous les prévenus, à l'exception de l'absent, pour lequel il demande douze mois ferme avec mandat de dépôt. Il n'a pas requis d'interdiction de port d'arme pour les militaires, estimant qu'il est important qu'ils sachent se maîtriser. Le tribunal rendra sa décision le 18 juin.

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