Le tribunal correctionnel de Paris rendra son verdict ce vendredi 26 juillet dans l'affaire dite des "barbouzes d'Athanor", un dossier qui mêle anciens agents de la DGSE, francs-maçons et milieu du sport automobile. Cinq hommes sont jugés pour association de malfaiteurs, abus de confiance et escroquerie, dans une affaire qui a défrayé la chronique depuis 2021.
Des anciens de la DGSE au cœur du réseau
Au centre de ce procès, une société nommée Athanor, créée en 2015 par d'anciens membres des services de renseignement français. Selon l'accusation, ces "barbouzes" auraient monté un système de collecte de fonds auprès d'entrepreneurs et de personnalités, en promettant des accès privilégiés à des réseaux d'influence, notamment maçonniques. Les fonds, près de 2,5 millions d'euros selon les estimations, auraient été détournés pour financer un train de vie luxueux et des projets personnels.
Le rôle des francs-maçons et du sport automobile
L'affaire a pris une dimension particulière avec la révélation de liens entre les prévenus et certaines loges maçonniques, ainsi qu'avec le monde du sport automobile. L'un des mis en cause, un ancien pilote amateur, aurait utilisé les fonds pour participer à des compétitions. Le parquet a requis des peines allant de 18 mois de prison avec sursis à 4 ans ferme, ainsi que des amendes substantielles.
Le procès, qui s'est tenu en juin dernier, a été marqué par les déclarations des prévenus, qui ont nié toute intention frauduleuse. "Nous n'avons jamais voulu escroquer qui que ce soit. Athanor était un projet légitime de conseil en influence", a affirmé l'un d'eux à la barre, selon des propos rapportés par l'AFP.
Un verdict très attendu
Ce vendredi, les juges devront trancher sur la culpabilité des cinq hommes. L'affaire a suscité un vif intérêt en raison de ses implications dans les cercles de pouvoir et les services secrets. Si la défense plaide la relaxe, les parties civiles espèrent des condamnations exemplaires. Le montant du préjudice est estimé à plus de 500 000 euros pour les victimes, dont plusieurs entrepreneurs.
Le tribunal pourrait également ordonner des dommages et intérêts. En attendant, les prévenus restent présumés innocents. Le verdict est attendu en fin de journée.



