La justice administrative a enjoint à la mairie de Vaulx-en-Velin, près de Lyon, de retirer le drapeau palestinien de son fronton, estimant qu'il porte une atteinte grave à la neutralité du service public. Le maire insoumis Abdelkader Lahmar a réagi en affirmant qu'il n'était « pas question de décrocher le drapeau dans l’immédiat », et que la décision ferait l'objet de discussions au sein de la majorité et en conseil municipal dans l'attente du jugement au fond.
Une décision du juge des référés
Saisi en urgence par le préfet du Rhône, Étienne Guyot, le juge des référés du tribunal administratif a suspendu la décision du maire d'orner le bâtiment des couleurs palestiniennes, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, en attendant que le tribunal tranche le litige au fond. La mairie avait invoqué l'occasion d'un festival intitulé Résonance Palestine et hissé le drapeau avec « pour seul objet de manifester la solidarité de la commune avec le peuple palestinien ».
Une prise de position politique
Dans sa décision, dont l'AFP a obtenu une copie, le juge estime qu'en raison de « déclarations publiques » concomitantes du maire, « le pavoisement exprime une prise de position de nature politique au sujet d’un conflit en cours », « source de clivage important », et contrevient ainsi « au principe de neutralité des services publics ». Le juge cite notamment des déclarations d'Abdelkader Lahmar estimant que « Gaza est livrée aux tourments déchaînés d’une puissance occupante », Israël, et que « le drapeau palestinien est l’étendard de la liberté pour tous les peuples jadis colonisés et […] opprimés ».
Un recours envisagé
La mairie envisage désormais « un recours en appel directement devant le Conseil d'État, parce que le sujet est un débat de société », indique le maire. Il rappelle notamment que la France a reconnu l'État de Palestine le 22 septembre 2025, à la tribune de l'ONU, comme d'autres pays. Ce jour-là, près d'une centaine de mairies dirigées par la gauche avaient hissé le drapeau palestinien. Le maire écologiste de Lyon avait annoncé vouloir le laisser flotter, mais le juge des référés avait déjà enjoint de le retirer.



