Var : 1 175 élèves en moins, 18 classes fermées à la rentrée
Var : 1 175 élèves en moins, 18 classes fermées

Ce mardi 1er septembre 2026, 177 394 jeunes Varois, dont 87 000 écoliers, font leur rentrée dans les écoles, collèges et lycées du département. Ce chiffre est en baisse de 1 175 élèves par rapport à l'an dernier, conséquence directe de la diminution de la démographie. Cette baisse permet d'améliorer le taux d'encadrement des élèves, selon le directeur académique des services de l'Éducation nationale (Dasen) du Var, Jean-Roger Ribaud. Les syndicats d'enseignants, eux, estiment que cela ne suffit pas.

Une rentrée sous le signe de la baisse démographique

Jean-Roger Ribaud, Dasen du Var, s'est montré satisfait à l'issue du comité social d'administration de rentrée, ce lundi 31 août. Alors que le département enregistre 1 175 élèves de moins que l'an passé, « seules » dix-huit classes seront fermées, contre quinze ouvertes. Soit un différentiel de trois classes par rapport à l'an dernier. « On aurait pu fermer quarante classes, assure le responsable, mais nous sommes dans une démarche positive, qui consiste à ne pas retirer des emplois dans les écoles où les élèves ne sont pas au rendez-vous. »

Cette baisse de la natalité, souligne-t-il, « permet de rattraper progressivement la moyenne nationale qui est à 21,3 élèves par classe ». Le taux d'encadrement dans le Var s'établit ainsi à 21,99 élèves par classe dans le premier degré, sous la barre des 22. Jean-Roger Ribaud met ce chiffre en regard avec l'indice de position sociale (IPS), l'un des critères d'attribution de moyens par le ministère. Établi à 104 dans le Var, cet indice correspond à la moyenne nationale. « Le taux d'encadrement est dans la même valeur nominale qu'au niveau national, avec un IPS relativement favorable », explique-t-il. Autrement dit, les départements où les taux d'encadrement sont meilleurs sont aussi ceux où les IPS sont plus bas.

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Des fermetures concentrées sur le littoral, des ouvertures dans l'arrière-pays

Autre donnée varoise : contrairement à ce qui s'observe ailleurs sur le territoire hexagonal, les secteurs ruraux sont moins affectés par la baisse démographique, favorisés par « une certaine dynamique ». « Dans le Var, le coût de l'immobilier étant très important sur le littoral, on a un déplacement des populations vers l'arrière-pays », analyse le Dasen. C'est ainsi que la majorité des fermetures de classe se concentrent en bord de mer, à Toulon (8), à Hyères (2), à Saint-Raphaël (2) ou encore à Saint-Tropez. Dans le même temps, si certains postes sont créés à Toulon, La Seyne ou Fréjus, plusieurs ouvertures de classe concernent le haut et le centre Var.

Se sachant attendu sur la fin du recours aux contractuels pour cette rentrée, le directeur académique argue que le Var compte cette année 31 stagiaires supplémentaires, soit une hausse de 15 %, 41 enseignants alternants contre 9 l'an passé. Le solde du mouvement interdépartemental et intra-académique a, quant à lui, engendré l'entrée de 54 enseignants. Dans tous les cas, rappelle encore Jean-Roger Ribaud, si la baisse démographique est moindre dans le département par rapport à d'autres, elle va se poursuivre jusqu'en 2035, pour atteindre 10 % d'élèves en moins d'ici à 2035. « Ça va nous demander de réfléchir à l'organisation de notre réseau scolaire. »

Les syndicats dénoncent une « occasion ratée »

« On ne va pas se satisfaire de ça. » Côté syndicat, le ton est donné. « Oui, on aurait pu fermer plus de classes, lâche Alain Tournay, le secrétaire départemental de la FSU dans le Var. Mais on aurait aussi pu n'en fermer aucune ! » Pour le responsable de l'organisation majoritaire, il aurait fallu « utiliser la baisse démographique pour donner plus de moyens aux enseignants de délivrer de meilleurs apprentissages pour tous les élèves, notamment ceux en situation de précarité sociale et de handicap ». Il regrette « une occasion rêvée, mais une occasion ratée ».

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Alain Tournay pointe notamment les effectifs dans les établissements en réseau d'éducation prioritaire (REP). « Le nombre d'élèves en CP et CE1 y est réduit, mais quid des CE2, des CM1, des CM2 ? » Il estime en effet que pour faire face à « la baisse continue du niveau », il est nécessaire de « diminuer les effectifs dans toutes les classes d'école élémentaire en REP ». Or, illustre-t-il, « à Toulon, dont une grande partie est en REP voire en REP + et où on perd environ deux cents élèves par an, on préfère supprimer des classes, plutôt que de porter une plus grande attention à ces secteurs ». Quant à l'accompagnement des élèves handicapés, le responsable syndical déplore « un manque énorme d'enseignants spécialisés » qui ne « permet plus d'individualiser les apprentissages ». Parce que, grince-t-il, « le seul leitmotiv du gouvernement, c'est de faire des économies ».