Ce vendredi 21 août 2026, vers 10h30, un habitant de Nice a filmé un loup qui passait devant son domicile, route de Colomars. L'animal, décrit comme un jeune mâle, s'est approché à quatre ou cinq mètres de la porte d'entrée, là où le Niçois stationne son véhicule. « Au début, je pensais qu'il s'agissait d'un renard un peu fatigué, raconte ce trentenaire, qui préfère rester anonyme. Lorsqu'il s'est approché, j'ai réalisé qu'il s'agissait d'un loup. »
Une rencontre filmée en pleine matinée
Le Niçois était en train de boire son café et de fumer une cigarette, observant le ciel encore chargé de l'épisode pluvio-orageux, lorsqu'il a aperçu l'animal le long de son chemin. « Il est pratiquement passé devant moi », assure-t-il, encore étonné lors de notre conversation quelques heures plus tard. « J'ai eu le temps de rentrer, prendre mon téléphone, ressortir et le filmer. Il ne semblait pas m'avoir vu. »
La séquence, qui dure une dizaine de secondes, montre un canidé marcher à un rythme tranquille. Alors que le Niçois fait du bruit avec sa bouche pour le faire fuir, l'animal lève la tête subitement et se sauve. « Je n'ai pas eu peur, j'étais plutôt surpris, mais ce n'est pas très rassurant de savoir qu'un loup rôde près des maisons », confie-t-il.
Une attaque à moins de cinq kilomètres
Ce père de famille avait entendu les rumeurs sur la présence du loup dans le secteur, mais c'est la première fois qu'il en voit un. Il tient à témoigner dans un but préventif. « Ça a l'air d'être un jeune mâle, pas si apeuré que ça. Il doit être habitué à l'homme. C'est un sujet qui fait beaucoup parler par ici, surtout après l'attaque de la dernière fois. »
Le 10 août 2026, un couple de Colomars a retrouvé l'un de ses deux boucs en partie dévoré, trois jours après sa disparition sur la corniche Antoine-Léon-Laugier, à environ 4 kilomètres du domicile du Niçois. Étant donné l'étendue et la violence des blessures, le couple a soupçonné le loup. « J'ai appelé la mairie, qui m'a passé la gendarmerie, qui m'a donné le numéro du lieutenant de louveterie. Mais ils m'ont répondu qu'ils ne s'occupaient que des cas concernant les professionnels de l'élevage et donc qu'il n'y aurait pas d'analyse », avait assuré le propriétaire à Nice-Matin.
Des précédents dans le secteur
En 2024, un loup avait été filmé de nuit à l'intersection entre deux pavillons, créant l'émoi au village. Trois ans plus tôt, toujours dans le même secteur, deux chèvres naines avaient été partiellement dévorées dans une ferme. Les « rapprochements animaliers » avec les humains se multiplient dans le Mercantour, selon les témoignages recueillis par Nice-Matin.
Hausse du quota d'abattage
Le nombre de loups pouvant être abattus en France a été augmenté en février 2026 par le gouvernement, passant de 19 % à 21 % de la population, voire 23 % en cas de besoin. Les règles des tirs de prélèvement ou de défense ont été assouplies. Cette décision a été motivée par la hausse « d'environ 10 % » des attaques en 2025 par rapport à l'année précédente, soit 4.441 agressions, d'après un bilan du ministère de l'Agriculture.
Le nombre de loups en France est estimé entre 989 et 1.187, selon les dernières données de l'Office français de la biodiversité (OFB), responsable du suivi du mammifère depuis son retour dans l'Hexagone en 1992 dans le Mercantour. Le Canis lupus reste une espèce protégée. Sa destruction en milieu naturel est interdite, sur l'ensemble du territoire et en tout temps, sauf aux fins de défense des troupeaux et dans des conditions précises.
En cas de rencontre fortuite, n'essayez pas de vous rapprocher du prédateur. S'il paraît agressif, ne courez pas, reculez sans lui tourner le dos puis criez ou jetez-lui un objet pour le faire fuir.



