L'affaire de la tête de porc à Nice prend un tournant inattendu
L'enquête sur la tête de porc retrouvée devant le domicile du maire de Nice, Christian Estrosi, semble désormais s'orienter vers une manipulation émanant de son propre camp politique. Cette révélation intervient alors que deux hommes, dont un ancien policier connu du maire, ont été placés en garde à vue mercredi, selon des sources proches du dossier judiciaire.
Des gardes à vue prolongées dans une affaire sensible
Le procureur de Nice, Damien Martinelli, a annoncé que quatre personnes avaient été entendues dans cette affaire qui secoue la campagne municipale. Si les gardes à vue de deux femmes ont été levées, celles de deux hommes ont été prolongées et pourraient durer jusqu'à 48 heures. Parmi ces hommes se trouve un septuagénaire de 79 ans, ancien policier de la Direction de la surveillance du territoire (DST) à la retraite, aujourd'hui reconverti en détective privé.
Tous les individus concernés sont de nationalité française, a précisé le procureur, sans donner davantage d'indications sur leur implication potentielle. Cette affaire, survenue le 27 février au soir, avait profondément perturbé la campagne électorale déjà tendue entre Christian Estrosi, candidat à un quatrième mandat, et son rival Éric Ciotti, député UDR allié du Rassemblement national.
Une manipulation politique à quelques jours des municipales
L'événement avait marqué les esprits : Christian Estrosi avait découvert devant son domicile une tête de porc accompagnée d'une affiche comportant une étoile de David et une insulte. « L'enquête semble en effet s'orienter vers une manipulation émanant du camp Estrosi », confirment deux sources proches du dossier interrogées par l'AFP, tout en précisant qu'il n'est pas possible à ce stade de déterminer si le maire était au courant de cette opération.
Une source proche de l'enquête s'interroge : « On passe de missions de soutien, de collectes de données à une manipulation ? Tout ça gravite autour d'un point central, après il faut démontrer si ce point central est actif ou pas ». Cette formulation suggère que les investigations pourraient remonter vers des cercles proches du maire sortant.
Des précédents judiciaires et des démentis
Cette nouvelle orientation de l'enquête fait suite à des développements antérieurs. Vendredi dernier, deux Tunisiens avaient été mis en examen et placés en détention dans le cadre d'une information judiciaire ouverte pour provocation publique à la haine ou à la violence à raison de l'origine, la race ou la religion, entre autres charges.
L'exploitation du téléphone de l'un d'eux avait révélé des communications avec une proche collaboratrice de M. Estrosi. Le maire avait alors dénoncé une tentative d'infiltration et pointé du doigt l'équipe de son rival Éric Ciotti ainsi que l'homme d'affaires conservateur Pierre-Edouard Stérin, qui a réfuté toute implication et annoncé son intention de porter plainte pour diffamation.
Selon une source sécuritaire à l'AFP, les éléments actuels de l'enquête ne laissent pas envisager de lien avec l'étranger. Contactée par l'AFP, l'équipe de M. Estrosi a assuré n'avoir aucune information sur les quatre personnes entendues mercredi, maintenant ainsi une distance officielle avec ces développements judiciaires.
Cette affaire complexe continue d'évoluer à quelques jours des élections municipales, jetant une lumière crue sur les tensions internes au sein du camp politique niçois et soulevant des questions fondamentales sur les limites de la compétition électorale.



