Nantes : les riverains de l'école Stalingrad inquiets face au trafic de drogue
Aux abords de l'école élémentaire Stalingrad, située à proximité de la gare de Nantes, les habitants expriment leur profonde inquiétude. Depuis plusieurs mois, ils observent une multiplication des points de deal et de la consommation de stupéfiants dans le quartier, avec des conséquences directes sur leur vie quotidienne.
Une pétition pour alerter les autorités
Début février, les riverains ont lancé une pétition pour interpeller la mairie de Nantes sur cette situation préoccupante. Ce document a déjà recueilli 235 signatures à ce jour. Dans leur appel, les auteurs décrivent une « multiplication de points de deal et de la consommation de drogue » qui entraînerait « une diffusion massive de ces usages vers les immeubles d'habitations et les lieux de vie alentour ».
Arthur*, un habitant du quartier depuis trois ans, témoigne : « On tombe régulièrement sur des petits groupes qui fument du crack. Accompagné de ma fille, je dois emprunter des chemins squattés par des consommateurs à la sortie de l'école. Ce n'est pas l'endroit ». Il constate régulièrement la présence de seringues usagées et de déchets liés à la consommation de stupéfiants, des détritus de plus en plus présents selon lui depuis la fin de l'année.
Des interventions policières nombreuses mais insuffisantes
Bassem Asseh, adjoint à la sécurité de Nantes, indique que plus de 90 interventions ont été réalisées dans le secteur depuis le début du mois de février. « On considère qu'avec une présence accrue de la police, les points de deal ne se cristallisent pas mais ça ne règle pas forcément le problème », explique-t-il. L'élu souligne que ces personnes ont besoin d'un accompagnement social pour s'en sortir.
Pourtant, les habitants ressentent une forme de laxisme. Arthur* confie : « Il nous arrive régulièrement d'appeler la police pour des signalements, mais dans l'ensemble, on ressent une forme de laxisme ». Un membre de la police municipale, croisé rue d'Allonville, reste dubitatif sur l'utilité de la pétition : « On ne peut pas dire que ça change grand-chose à la situation ».
Un sentiment d'insécurité grandissant
Christiane* et son mari, Nantais depuis plus de 60 ans, témoignent également des problèmes rencontrés. « On aperçoit de plus en plus de squats à l'entrée de notre immeuble », insiste Christiane, qui pointe le vandalisme engendré par cette consommation de stupéfiants. La porte de leur établissement a déjà été enfoncée à plusieurs reprises.
« On ne dénonce pas forcément des violences, mais plutôt un sentiment d'insécurité », explique-t-elle. Le couple soutient la pétition lancée par leurs voisins, même s'ils confient ne pas voir « réellement ce que cela va changer ».
L'importance de l'expression citoyenne
Bassem Asseh défend pourtant l'initiative des riverains : « Dans une démocratie, il est important que les citoyens s'expriment. Le narcotrafic est un sujet important et inquiétant, quand on passe de deux signalements, à dix appels par semaine, puis à une pétition, il faut apporter une réponse plus directe et concentrée ».
Les parents d'élèves restent particulièrement préoccupés par la sécurité de leurs enfants. « On n'aimerait pas que nos enfants tombent sur une seringue ! », s'inquiète un riverain. La situation aux abords de l'école Stalingrad continue de mobiliser les habitants, qui espèrent voir une amélioration rapide de la situation dans leur quartier.
*Les prénoms ont été modifiés.



