Procès d'un vaste trafic de chiots dans les Alpes-Maritimes : un scandale à plus de 7 000 animaux
Un procès d'ampleur pour trafic de chiots s'est ouvert ce mercredi au tribunal correctionnel, mettant en lumière un scandale impliquant plus de 7 000 animaux selon l'association de protection animale Stéphane Lamart. Les chiots, principalement originaires de Hongrie et de Slovaquie, étaient vendus dans des animaleries de la Côte d'Azur, notamment à Nice, au Cannet, et aussi à Paris.
Un trafic organisé sur cinq ans
L'enquête révèle que pendant cinq ans, une vingtaine de chiots de races différentes étaient introduits chaque mois de manière non conforme sur le territoire français. Ces animaux, acquis à bas prix entre 300 et 400 euros selon un négociateur hongrois, étaient ensuite revendus à des tarifs bien plus élevés dans les animaleries. Cette pratique lucrative a perduré malgré l'entrée en vigueur en janvier 2024 d'une loi interdisant la vente de chiens et de chats en animalerie.
Des documents falsifiés et des risques sanitaires
Les éléments du dossier montrent que des passeports et carnets de santé ont été falsifiés pour masquer l'âge réel des chiots. Un vétérinaire mandaté pour contrôler les animaux lors d'une opération en mai 2021 a affirmé que sur 96 chiots examinés, aucun n'avait l'âge indiqué sur les documents. Certains avaient moins de deux mois à leur arrivée en France, rendant inefficace toute vaccination précoce, notamment contre la rage.
Un négociateur hongrois a témoigné à la barre qu'il avait pris « l'habitude » de ne plus vacciner les chiens après des incidents de diarrhée, soulignant ainsi les graves négligences en matière de bien-être animal et de santé publique.
Conséquences pour les acquéreurs et les accusés
Les témoignages d'acquéreurs décrivent des chiots prétendument de race, porteurs de pedigrees, mais en très mauvaise santé. Cela a entraîné des frais vétérinaires importants et, dans de nombreux cas, la mort de l'animal. Le dossier soulève donc un enjeu de santé publique majeur, au-delà des simples aspects commerciaux.
Au total, une dizaine de personnes comparaissent dans ce procès. Trois vétérinaires, un pharmacien et la gérante d'une animalerie ont déjà été jugés dans le cadre d'une comparution de reconnaissance préalable de culpabilité. Ils ont écopé de 15 mois de prison avec sursis maximum et de très petites amendes douanières avoisinant la centaine d'euros.
Des pratiques au mépris du bien-être animal
Ce trafic, motivé par l'appât du gain, illustre un mépris flagrant pour le bien-être animal. Les gérants d'animalerie se succéderont à la barre pour s'expliquer sur leur rôle dans cette affaire, qui a touché des milliers de familles et d'animaux innocents.
Le procès, qui se poursuit jusqu'à vendredi, met en lumière les lacunes dans la régulation du commerce d'animaux et les risques sanitaires associés à ces pratiques illégales. Il rappelle également l'importance de la loi de 2024 visant à protéger les animaux de compagnie et à encadrer strictement leur vente.



