Un touriste français décède au Tchad après une randonnée non autorisée dans l'Ennedi
Touriste français décède au Tchad après randonnée non autorisée

Un touriste français décède au Tchad après une randonnée non autorisée

Paul Ferreri, un septuagénaire originaire de Dijon, faisait partie d'un groupe touristique d'une cinquantaine de personnes venu assister au Festival des cultures sahariennes (Ficsa) au Tchad. En marge de l'événement, l'homme et deux autres ressortissants français ont décidé de quitter leurs camarades pour explorer l'oasis du « Guelta de Bachikele », une initiative qui s'est révélée tragique.

Une aventure fatale dans des conditions extrêmes

À près de mille kilomètres de la capitale N'Djamena, cette excursion sans guide s'est déroulée dans des conditions particulièrement difficiles. Dans la province de l'Ennedi, les températures dépassent régulièrement les 40 degrés, créant un environnement hostile pour des randonneurs non préparés. Après une absence remarquée, les premières recherches ont permis de retrouver deux des trois hommes le jour même, soit mercredi.

Le lendemain, en l'absence de signe de vie du dernier ressortissant, le ministère du Tourisme tchadien a souligné le défaut « d'autorisation préalable » pour cette randonnée, tout en assurant que les recherches se poursuivaient activement.

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Une mobilisation insuffisante face au drame

Malgré la mobilisation des militaires tchadiens et le suivi attentif du Centre de crise et de soutien du Quai d'Orsay à Paris, les efforts conjoints n'ont pas permis de sauver Paul Ferreri. Ce vendredi, Abakar Rozi Teguil, ministre du Tourisme du Tchad, a annoncé la mort du citoyen français.

Retrouvé dans les montagnes de Bachekele, le septuagénaire aurait succombé à ses blessures suite à une « chute » selon les autorités. Après avoir procédé au constat médical nécessaire, le rapatriement du corps vers N'Djamena est actuellement en cours.

Le circuit touristique en question

Ce circuit touristique est assuré par l'agence Point Afrique, une coopérative de voyageurs basée dans le département de l'Ardèche en France. Spécialisée dans les voyages en Afrique de l'Ouest depuis 1996, l'agence continue de proposer le Tchad dans son catalogue malgré les risques sécuritaires croissants dans la région.

Quelques jours seulement avant l'accident, l'agence publiait sur sa page Facebook des photos d'excursions à dos de chameau en présence du ministre tchadien du Tourisme, Abakar Rozi Teguil, illustrant ainsi la promotion continue de ces destinations.

Un contexte sécuritaire complexe

Le Tchad, dirigé par le président-militaire Mahamat Idriss Déby, présente une perméabilité plus faible aux groupes armés terroristes que certains de ses voisins. Les principales menaces posées par Boko Haram et l'État islamique (Iswap) restent localisées autour du Lac Tchad, dans le centre-ouest du pays, soit à l'opposé de la zone où s'est produit le drame.

Pourtant, le ministère français des Affaires étrangères classe la région du Nord-Est, où se trouve la province de l'Ennedi, comme zone rouge. Cette classification signifie que la zone est « formellement déconseillée » pour les ressortissants français, notamment en raison de sa proximité avec le Soudan voisin, en proie à une guerre civile depuis 2023.

Un débat relancé sur le tourisme en zones à risques

Si ce drame relève avant tout de l'aventurisme de trois voyageurs français ayant entrepris une randonnée sans autorisation préalable, la mort de Paul Ferreri relance inévitablement le débat autour du bien-fondé touristique dans des régions classées à risques.

La tragédie soulève des questions cruciales concernant la responsabilité des agences de voyage, l'information des touristes sur les dangers réels, et l'équilibre entre découverte culturelle et sécurité personnelle dans des environnements hostiles.

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