Toulon frappée par un trafic de tabac dans les épiceries de nuit
Une étude commandée par la Confédération des commerçants de France et menée entre fin 2025 et début 2026 dans une trentaine de villes françaises révèle des chiffres alarmants concernant la vente illégale de tabac. Toulon apparaît comme une ville particulièrement touchée, avec 55% des épiceries de nuit vendant des puffs et 45% des cigarettes de manière clandestine, selon les résultats publiés récemment.
Des résultats qui dépassent la moyenne nationale
La déléguée générale de la confédération, Laure Brunet Ruinart, souligne que ces chiffres sont bien supérieurs à la moyenne nationale, qui s'établit autour de 30%. « Cela pose un grave problème de sécurité et de concurrence », affirme-t-elle, pointant du doigt les risques liés à ce commerce parallèle. L'enquête a été réalisée anonymement par la société Webdrone, qui a visité des épiceries de nuit pour évaluer l'étendue du phénomène.
Les raisons derrière cette prolifération
Plusieurs facteurs expliquent cette situation à Toulon et dans d'autres régions du sud de la France. Laure Brunet Ruinart avance que les zones frontalières sont plus susceptibles de connaître ce type de trafic en raison d'un approvisionnement illégal facilité et à moindre coût. De plus, l'hyper réglementation autour de la vente de tabac est critiquée : « À chaque fois que l'on a augmenté le prix des paquets de cigarettes, on observe un report sur le commerce illégal », explique-t-elle.
Conséquences multiples et préoccupantes
- Santé publique : La vente de produits de contrefaçon présente des risques sanitaires, car la composition exacte de ces articles est souvent inconnue.
- Concurrence déloyale : Les commerçants légaux subissent une pression injuste, avec des pertes de chiffre d'affaires significatives.
- Blanchiment d'argent : Ce trafic peut servir de couverture à des activités criminelles, affectant l'économie locale et favorisant la vacance commerciale.
La déléguée générale tient cependant à nuancer : « La très grande majorité des épiceries de nuit respecte la loi. À cause de certaines, c'est l'ensemble des commerçants qui sont stigmatisés », rappelant l'utilité et la difficulté de ce métier.
Un phénomène en expansion
Selon Laure Brunet Ruinart, le trafic de tabac illégal s'amplifie, notamment en raison de sanctions judiciaires jugées insuffisantes. Elle appelle à renforcer les contrôles, à imposer des amendes dissuasives et à donner aux polices municipales le pouvoir de saisir la marchandise. « On parle ici de petites quantités, les douanes ou la police nationale ont déjà fort à faire avec les gros trafics », précise-t-elle, soulignant la nécessité d'une action ciblée.
Cette étude met en lumière un défi majeur pour les autorités et les professionnels du commerce, nécessitant des mesures adaptées pour endiguer ce fléau qui nuit à l'économie et à la santé publique.



