Tim Curry, l'acteur légendaire connu pour ses rôles de clown Grippe-Sous dans Ça et de travesti Frank-N-Furter dans Rocky Horror Picture Show, est décédé à l'âge de 80 ans à Los Angeles. Sa disparition marque la fin d'une carrière exceptionnelle qui a profondément marqué la culture populaire.
Une carrière paradoxale entre flamboyance et discrétion
Le comédien britannique laisse derrière lui des compositions inoubliables, dont Frank-N-Furter, le Frankenstein flamboyant, et Grippe-sous, l'amuseur maléfique, sont les plus mémorables. Il serait pourtant dommage de réduire ce grand monsieur à ces deux personnages. Tim Curry transcendait des rôles qui le faisaient disparaître sous le maquillage pour livrer des performances impressionnantes.
« Je ne suis pas un acteur de premier plan conventionnel et je ne souhaite pas l'être. Je ne cherche pas à me faire aimer à tout prix », déclarait-il. Cette déclaration résume parfaitement sa philosophie artistique.
Des rôles extrêmes et des risques assumés
On se souvient aussi de son rôle de démon rouge vif dans Legend de Ridley Scott, où il s'est brûlé le visage en portant des prothèses qui le rendaient, une fois encore, méconnaissable. « Ce sont les risques du métier », confiait-il au moment de la promotion du film en 1985. Un bel exemple de ce que Tim Curry était prêt à subir pour son art.
Ce grand monsieur souffrait d'un mal étonnant. Sa coulrophobie (peur des clowns) était si puissante qu'il était stipulé dans son contrat qu'il ne devait jamais croiser de miroir quand il incarnait Pennywise, le héros maléfique de Ça. S'il a élégamment salué la performance de Bill Skarsgård qui a repris ce rôle vénéneux, nombreux sont les fans qui n'ont pas oublié son interprétation, au début des années 1990, du méchant inventé par Stephen King.
Un acteur qui se cachait derrière ses rôles
On peut être fan de Tim Curry sans le savoir tant cet acteur parvenait à se cacher derrière ses rôles au point de refuser de jouer dans des œuvres phares comme Priscilla, folle du désert de Stephan Elliot, préférant prêter sa voix à l'hôte de l'attraction Alien Encounter au parc Disney World, en Floride.
Tel est le paradoxe de la carrière de Tim Curry : se cacher en se montrant, se révéler en se dissimulant. Il disait préférer les rôles de méchants parce qu'il les trouvait « mieux écrits » et « irrésistibles à incarner ». Les héros vénéneux qu'il nous a offerts seront à jamais associés à son nom. Peu de personnes auraient pu le reconnaître si elles l'avaient croisé dans la rue, même en étant fan de son travail.
N'est-ce finalement pas le plus beau compliment qu'on puisse faire à un comédien que de l'admirer pour ce qu'il a joué bien davantage que pour celui qu'il était une fois les projecteurs éteints ? « Ne le rêve pas, sois-le », clamait le héros du Rocky Horror Picture Show. Voilà qui pourrait être une belle épitaphe pour Tim Curry.



