Une tentative de noyade dans le canal du Midi suite à un désaccord sur TikTok
Un homme a été jugé devant le tribunal correctionnel de Béziers, jeudi 26 mars, pour des violences intrafamiliales d'une particulière gravité. L'individu a reconnu avoir tenté de noyer sa compagne dans le canal du Midi à Marseillan, après une dispute concernant la création d'une communauté sur le réseau social TikTok.
Des faits violents et des déclarations troublantes
Selon les éléments du dossier, le prévenu a expliqué aux magistrats qu'il avait conduit sa compagne au bord du canal "pour la calmer" et "ne pas déranger les voisins". C'est à cet endroit qu'il a tenté de la noyer, avant de finalement se raviser et de la ramener à leur domicile. Il a toutefois reconnu avec difficulté avoir eu du mal à l'amener jusqu'au canal.
La motivation de cet acte violent serait liée à un refus de sa partenaire de créer une communauté sur TikTok. "Je voulais créer une communauté sur TikTok pour gagner un peu d'argent. Elle a refusé, cela m'a agacé", a-t-il déclaré devant le tribunal.
Une défense confuse et une victimisation systématique
Durant toute l'audience, l'accusé a adopté une posture particulièrement troublante. Alors que sa compagne présentait un visage tuméfié, il a affirmé ne jamais l'avoir frappée, accusant la victime de s'être infligé elle-même ses blessures. "Elle s'est fait ça toute seule. Vous ne savez pas à quel point elle peut être manipulatrice", a-t-il insisté.
Le prévenu s'est également livré à une victimisation systématique, tentant à de nombreuses reprises de rejeter la faute sur sa compagne. Il a reconnu avoir filmé leur intimité et avoir déjà été condamné pour des faits de viols, tout en affirmant craindre que sa partenaire ne le "refasse tomber" en prison.
Une réaction ferme du tribunal et du parquet
Cette défense a particulièrement déplu aux magistrats et à la représentante du ministère public. "Croyez-vous ce que vous dites ? Vous vous écoutez parler et vous répondez toujours à côté", a interrogé la procureure, avant d'ajouter : "Elle se porte des coups et s'auto-étrangle. Vous mentez. Vous avez un profil inquiétant et vous êtes agressif."
Le parquet a requis quatre ans d'emprisonnement, dont un an assorti d'un sursis probatoire de deux ans. La défense, assurée par Maître Estelle Fernandez, a plaidé la clémence en invoquant une relation "toxique" entre les deux personnes, sans pour autant nier la responsabilité de son client.
Une condamnation et un retour en détention
Finalement, le tribunal a condamné l'homme à trois ans de prison. Il s'agit de sa douzième condamnation, ce qui explique son retour immédiat en détention suite au verdict. Cette affaire met en lumière la dangerosité de certains profils et la complexité des situations de violences intrafamiliales, où les agresseurs peuvent développer des stratégies de manipulation et de victimisation particulièrement élaborées.
Le cas illustre également comment des disputes apparemment banales, comme un désaccord sur l'utilisation des réseaux sociaux, peuvent dégénérer en actes d'une extrême violence, nécessitant l'intervention ferme de la justice.



