Un sticker néonazi avec le portrait d’Hitler découvert dans le Vieux-Nice
Dans les ruelles du Vieux-Nice, un autocollant à la symbolique néonazie a été découvert ce mercredi 25 mars 2026 sur un panneau situé rue place Vieille, à proximité du restaurant niçois Chez Acchiardo. Le sticker, en noir et blanc, présentait un portrait de profil d’Adolf Hitler avec casquette, accompagné du blason de la 33e division SS « Charlemagne » et d’un tank. L’inscription « Nice c’est l’Allemagne » barrait l’ensemble, renforçant le message idéologique.
Une symbolique nazie explicite
La 33e division SS « Charlemagne » était une unité de la Waffen-SS durant la Seconde Guerre mondiale, principalement composée de volontaires français. Sa présence sur l’autocollant, associée au portrait d’Hitler et à l’inscription provocatrice, a immédiatement alerté les autorités et les associations antifascistes. Maxime Courtin, du Collectif antifasciste Nice, a déclaré : « À part des gens d’Aquila Popularis, je ne vois pas qui pourrait faire ça. Le logo ressemble beaucoup à celui des Zoulous, et de toute façon, il n’y a qu’un seul groupe néonazi à Nice. »
Aquila Popularis, groupe d’extrême droite radicale actif à Nice, compte près de 5.000 abonnés sur Instagram et intègre d’anciens membres du groupuscule néonazi Les Zoulous Nice, aujourd’hui disparu. Personne n’a revendiqué ouvertement le collage, mais les similitudes stylistiques pointent vers cette mouvance.
Contexte tendu après des violences antifascistes
La découverte de cet autocollant intervient dans un climat de tensions accrues. La veille, mardi 24 mars, des violences ont éclaté en marge d’un rassemblement antifasciste organisé par la CGT place Saint-François, suite à la victoire d’Éric Ciotti (UDR-RN) aux municipales du 22 mars. Des membres du syndicat étudiant « Front populaire étudiant » ont rapporté avoir été « suivis, menacés, insultés, puis violemment attaqués par un groupe fasciste ».
Le parquet de Nice a ouvert une enquête pour clarifier les circonstances de ces agressions. Juliette Chesnel - Le Roux, élue d’opposition (Ecolo-PS-PC) à la mairie, a exprimé son soutien aux victimes sur Facebook : « Des groupuscules néonazis se sentent pousser des ailes à Nice. La vigilance et la résistance doivent se mettre en place partout désormais. »
Réactions et nettoyage symbolique
À côté du sticker néonazi, un autre autocollant avec l’inscription « ferveur » et une croix celtique – symbole récupéré par l’extrême droite depuis les années 50 – avait été collé par-dessus un autocollant de l’Union communiste libertaire. Maxime Courtin a souligné que si des symboles néonazis comme des croix gammées ou des « SS » ont déjà été observés à Nice, ce type de sticker était inédit.
Les autocollants ont depuis été retirés et remplacés par un sticker « comité antifasciste 06 », marquant une réponse symbolique des militants. Cette affaire souligne la persistance de l’activisme d’extrême droite dans la région et la nécessité d’une vigilance accrue face à la propagation de tels messages haineux.



