Au moins 23 personnes ont perdu la vie lors de violentes émeutes qui ont éclaté dans une prison du Sri Lanka, ont annoncé les autorités lundi 6 juillet. Les affrontements ont opposé des détenus de deux gangs rivaux dans l'établissement pénitentiaire de Mahara, situé à une vingtaine de kilomètres au nord de la capitale Colombo.
Un bilan lourd et des circonstances encore floues
Selon un porte-parole de l'administration pénitentiaire, les émeutes ont débuté dimanche soir et se sont poursuivies pendant plusieurs heures. Les forces de l'ordre ont été déployées pour tenter de maîtriser la situation. Le bilan provisoire fait état d'au moins 23 morts et de plusieurs blessés, dont certains dans un état grave.
Les autorités ont précisé que la plupart des victimes avaient succombé à des blessures par arme blanche ou par arme à feu. Des enquêtes sont en cours pour déterminer les causes exactes de ces violences. "Nous avons ouvert une enquête pour faire la lumière sur ces événements tragiques", a déclaré le porte-parole.
Une surpopulation carcérale chronique
La prison de Mahara est connue pour sa surpopulation chronique, un problème récurrent dans les établissements pénitentiaires sri-lankais. Selon les données officielles, la capacité d'accueil de cette prison est de 1 500 détenus, mais elle en hébergeait plus de 3 000 au moment des émeutes. Cette situation favorise les tensions entre les détenus et complique le travail des gardiens.
Les organisations de défense des droits humains dénoncent régulièrement les conditions de détention au Sri Lanka. En 2020, une commission d'enquête parlementaire avait déjà souligné la nécessité de réformer le système carcéral pour éviter de nouvelles tragédies.
Des précédents violents
Les émeutes dans les prisons ne sont pas rares au Sri Lanka. En 2018, des affrontements entre détenus dans une prison de la banlieue de Colombo avaient fait 11 morts. Les autorités avaient alors promis des mesures pour améliorer la sécurité et réduire la surpopulation, mais les progrès ont été limités.
Cette nouvelle tragédie relance le débat sur la gestion des prisons dans le pays. Le ministre de la Justice a annoncé la mise en place d'une commission d'enquête indépendante pour faire la lumière sur les événements de Mahara. "Nous prendrons toutes les mesures nécessaires pour que les responsables soient traduits en justice et pour éviter que de tels incidents ne se reproduisent", a-t-il affirmé.



