Le parquet de Paris a requis, ce mercredi 1er juillet 2026, une peine de six mois d'emprisonnement avec sursis à l'encontre de Stéphane Plaza, célèbre animateur de télévision et agent immobilier, jugé pour des faits de violences conjugales présumées sur deux de ses anciennes compagnes. Les réquisitions ont été prononcées devant la 10e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris.
Des faits de violences psychologiques et physiques
Stéphane Plaza, 55 ans, comparaissait pour des violences commises entre 2018 et 2022 sur deux femmes, avec qui il avait entretenu des relations intimes. Les plaignantes, dont l'une a déposé plainte en 2023, décrivaient des épisodes de violences psychologiques récurrentes, mais aussi des violences physiques, notamment des gifles, des coups de pied et des morsures. Selon le parquet, les faits étaient "caractérisés par une emprise psychologique forte" de l'animateur sur ses compagnes.
Lors de l'audience, qui s'est tenue le 24 juin dernier, Stéphane Plaza a nié les faits, affirmant n'avoir "jamais frappé une femme". Il a reconnu des "disputes" mais les a qualifiées de "normales" dans un couple. Ses avocats, Mes Sophie Binet et Paul-Albert Iweins, ont plaidé la relaxe, estimant que les accusations étaient "infondées" et motivées par "la rancoeur" des plaignantes après des séparations difficiles.
Des certificats médicaux et témoignages accablants
Le tribunal a examiné plusieurs certificats médicaux produits par les parties civiles, qui faisaient état de lésions compatibles avec des coups. L'une des plaignantes présentait un hématome à l'œil et des ecchymoses sur les bras, tandis que l'autre avait consulté pour des douleurs au dos et à la mâchoire après une altercation. Des témoins, dont des proches des plaignantes, ont également rapporté avoir constaté des changements de comportement chez elles, les décrivant comme "apeurées" et "soumises" en présence de l'animateur.
La procureure a souligné que "les violences conjugales ne laissent pas toujours de traces visibles, mais les séquelles psychologiques sont tout aussi graves". Elle a requis une peine de six mois de prison avec sursis, assortie d'une obligation de soins psychologiques et d'une interdiction d'entrer en contact avec les victimes pendant trois ans. Le parquet a également demandé l'inscription de la condamnation au bulletin n°2 du casier judiciaire de Stéphane Plaza.
Un procès très médiatisé
L'affaire Stéphane Plaza a suscité un vif intérêt médiatique, l'animateur étant l'une des figures les plus populaires du petit écran français. Connu pour ses émissions immobilières à succès comme "Maison à vendre" ou "Recherche appartement ou maison", il est également à la tête d'un réseau d'agences immobilières qui porte son nom. Sa notoriété a conduit à une couverture intensive du procès, avec des dizaines de journalistes présents à l'audience.
Cette médiatisation a ravivé le débat sur les violences conjugales en France, où une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son partenaire, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur. En 2025, 118 féminicides ont été recensés, un chiffre en légère baisse par rapport à 2024 (125) mais encore jugé trop élevé par les associations féministes.
Décision mise en délibéré
À l'issue des réquisitions, le tribunal a mis sa décision en délibéré au 29 juillet 2026. Stéphane Plaza, qui est reparti libre à l'issue de l'audience, devra attendre cette date pour connaître son sort. Ses avocats ont indiqué qu'ils feraient appel en cas de condamnation. De leur côté, les parties civiles se sont dites "satisfaites" des réquisitions, espérant que la justice reconnaisse leur souffrance.
Ce procès s'inscrit dans un contexte de prise de conscience accrue des violences conjugales, avec une augmentation des plaintes déposées ces dernières années. En 2025, 245 000 plaintes pour violences conjugales ont été enregistrées en France, soit une hausse de 12 % par rapport à 2024, selon les données du ministère de la Justice. Les associations appellent à une meilleure formation des magistrats et à un renforcement des dispositifs de protection des victimes.



