Six-Fours : deux frères condamnés pour violences sur des policiers
Six-Fours : frères condamnés pour violences sur policiers

Le tribunal correctionnel de Toulon a condamné, mercredi 16 septembre, deux frères âgés d'une vingtaine d'années à six mois de prison avec sursis pour des violences commises en octobre 2025 contre deux policiers de la Brigade anti-criminalité (Bac). Les faits se sont produits devant l'établissement nocturne l'Eden, à Six-Fours, alors que les agents sécurisaient la sortie du lieu.

Une rixe éclate devant l'Eden

Il est plus de deux heures du matin lorsqu'une « rixe » éclate entre plusieurs individus, selon les termes de la présidente Dalila Fedal. Les policiers de la Bac, présents ce soir-là pour éviter les débordements, s'interposent pour tenter de canaliser les ardeurs des bagarreurs. La juge a contextualisé la scène : « L'un d'eux essaye de vous calmer, vous étiez fortement alcoolisé. Quand il voit que vous voulez vous en prendre à lui, il vous indique être policier, et vous demande de reculer. »

Malgré cette mise en garde, un des frères assène un violent coup de poing au visage du policier, lui ouvrant l'arcade sourcilière. Son frère, voyant la scène, frappe à son tour un agent et en blesse un second. Les violences, incluant gifles et coups de poing, ont été confirmées grâce aux caméras de surveillance de la Ville.

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Les prévenus invoquent la méprise

À la barre, les deux frères répètent : « On ne savait pas que c'étaient des policiers ». L'un d'eux explique : « Ils étaient en civil, je pensais que mon frère se faisait agresser, je n'ai pas réfléchi. » Il met en avant son « excellente éducation familiale » : « J'ai des valeurs et des principes ». Le tribunal lui rappelle : « Il a quand même fallu vous ceinturer pour procéder à votre interpellation tellement vous étiez déchaîné. » Le prévenu rétorque : « C'est un malentendu des deux côtés. »

Cinq jours après les faits, les frères ont déposé plainte, affirmant avoir été victimes de « violences policières » dans le fourgon après leur interpellation. À l'audience, ils maintiennent cette version : « Ils nous ont étranglés, plaqué le visage contre la vitre, nous ont menacés en nous disant “Vous ne savez pas ce qu'on fait aux petits riches de Six-Fours comme vous”. »

La procureure dénonce des mensonges

La procureure Stéphanie Battle a vivement réagi : « Vous n'avez pas mentionné ces faits durant votre garde à vue. Vous avez même décliné l'examen médical proposé. Quand on veut mentir, il faut savoir bien le faire. » Aucune poursuite ne sera engagée concernant ces prétendus faits.

Me Manon Demino, avocate des agents absents à l'audience, a déploré qu'« une fois de plus, des fonctionnaires de police sont agressés dans l'exercice de leurs fonctions. Les seules victimes dans ce dossier, ce sont eux. » En défense, Me Emily Linol Manzo a axé sa plaidoirie sur la naïveté de ses clients : « Ils le clament depuis le début : ils ne savaient pas qu'il s'agissait de la police car les agents n'étaient pas en uniforme. »

Le tribunal a finalement condamné les deux jeunes hommes à six mois de prison avec sursis, clôturant ainsi une affaire où la méprise et la violence se sont heurtées à la rigueur judiciaire.

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