Une enquête menée par l'Association des Jeunes Sapeurs-Pompiers (JSP) révèle que 70% des jeunes pompières volontaires déclarent avoir été victimes de sexisme au sein de leur caserne. Les témoignages recueillis décrivent un environnement où les blagues dégradantes, les remarques sur leur physique et la mise à l'écart des missions dangereuses sont monnaie courante.
Des chiffres qui interpellent
Selon l'enquête réalisée auprès de 1 200 jeunes pompiers âgés de 12 à 18 ans, 70% des filles affirment avoir subi au moins une forme de sexisme. Parmi elles, 45% évoquent des blagues sexistes, 30% des remarques sur leur apparence, et 25% une mise à l'écart lors de certaines interventions. « On me dit que j'exagère, on me fait passer pour une folle », confie Camille, 16 ans, pompier volontaire dans le Sud de la France.
Un problème systémique
Le rapport souligne que ces comportements sont souvent banalisés par les encadrants. « Les chefs de centre ferment les yeux ou minimisent les faits », déplore Sarah, 17 ans, qui a porté plainte après avoir été insultée. Seulement 15% des victimes ont signalé les faits à leur hiérarchie, et moins de 5% ont obtenu une réponse satisfaisante. L'enquête pointe également un manque de formation des encadrants sur les questions de genre.
Des conséquences sur l'engagement
Ce sexisme ambiant pousse certaines jeunes filles à abandonner leur engagement. « J'ai arrêté parce que je ne me sentais plus à ma place », témoigne Léa, 18 ans. Selon l'étude, 20% des pompières volontaires envisagent de quitter leur caserne en raison du sexisme. L'association JSP appelle à des mesures concrètes, comme la mise en place de formations obligatoires et de procédures de signalement claires.
Des initiatives pour changer les choses
Face à ce constat, plusieurs casernes ont commencé à mettre en place des ateliers de sensibilisation. « Nous devons créer un environnement où chacun se sent respecté », explique le capitaine Durand, chef d'une caserne en Île-de-France. L'association JSP demande également une meilleure représentativité des femmes dans les postes d'encadrement. Actuellement, seulement 12% des officiers sont des femmes.
Un appel à l'action
L'enquête conclut que le sexisme est un frein majeur à la mixité dans les casernes. « Il est urgent de prendre des mesures pour que les jeunes filles puissent s'engager sans crainte », insiste le président de l'association JSP. Les témoignages recueillis montrent une réalité difficile, mais aussi une volonté de changement de la part des jeunes pompières.



