Depuis le début de l'année 2026, le Musée de la Résistance de Besançon, situé dans la Citadelle, a enregistré une recrudescence "inquiétante" d'incidents liés à des saluts nazis. Dix visiteurs ont été filmés par les caméras de vidéosurveillance en train d'effectuer ce geste, contre cinq pour l'ensemble de l'année 2025, a-t-on appris mercredi auprès de la municipalité et du parquet.
Des gestes toujours commis dans la même salle
Christine Werthe, adjointe au maire (LR) chargée du patrimoine touristique et de la Citadelle, a déploré auprès de l'AFP que les personnes "font le salut nazi, toujours dans la même salle, devant un grand drapeau nazi". Ces faits ont été évoqués la semaine dernière en conseil municipal, où tous les groupes politiques les ont unanimement dénoncés, comme l'a rapporté le quotidien régional L'Est républicain.
Pour l'élue, il ne s'agit "ni de provocations anodines, ni de blagues", mais de comportements "graves, contraires à la loi et au pacte démocratique". Elle a insisté sur une politique de "tolérance zéro" : "La ville portera plainte systématiquement contre les auteurs de tels faits, qu'ils soient majeurs ou mineurs." Elle a regretté que certains jeunes "s'amusent sans être conscients de ce qu'ils font".
Des auteurs qui disent vouloir "faire rire"
La vice-procureure Isabelle Rollet a confirmé à l'AFP que les auteurs "ont indiqué avoir voulu 'faire rire' sans imaginer la portée de leur geste ni les conséquences". "Certains ont même pleuré lors de leur audition en prenant conscience de la gravité des faits", a-t-elle ajouté.
Neuf plaintes ont été déposées depuis le début de l'année, contre deux en 2025, selon la magistrate. Une procédure concerne quatre mineurs en visite au musée avec leur classe, un père de famille et, pour le reste, de jeunes hommes. "Parmi ces personnes interpellées, aucune ne présente un profil radicalisé ou une proximité avec l'idéologie néonazie", a-t-elle détaillé.
Piste d'un défi TikTok non confirmée
Christine Werthe s'est interrogée sur l'existence d'un éventuel "défi TikTok" sur internet, mais la représentante du parquet ne l'a pas confirmé : cette piste "n'est ressortie de l'audition d'aucun mis en cause", selon elle. Pour l'heure, des suites judiciaires ont été données à deux dossiers : l'un des mis en cause, qui a présenté ses excuses et reconnu les faits, devra effectuer un stage de citoyenneté, et un autre a bénéficié d'un classement sans suite en raison de son "état mental déficient".



