Démantèlement du réseau de piratage TV Noos+ : onze interpellations en France et en Belgique
L'Unité nationale cyber de la gendarmerie (UNCyber) a mis fin, ce vendredi 5 juin 2026, aux activités de « Noos+ », l'un des plus importants réseaux d'IPTV illégale opérant en France. Initiée par une plainte du groupe Canal+, l'opération transfrontalière a mené à onze interpellations, à la déconnexion de vingt serveurs et à la saisie de près de 1,4 million d'euros d'actifs criminels.
Ce démantèlement représente un coup d'arrêt historique pour l'IPTV illégale en France. L'UNCyber, sous la direction de la section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris, a annoncé la fin de ce réseau criminel qui commercialisait « Noos+ », une solution de piratage permettant d'accéder frauduleusement à des milliers de chaînes payantes et de contenus en vidéo à la demande (VOD). L'opération coup de poing, menée mardi dernier, s'est soldée par onze interpellations, dont huit en France et trois en Belgique.
Un abonnement à prix cassé pour un pactole de 12 millions d'euros
L'enquête avait été déclenchée en juin 2024 après une plainte du groupe Canal+, qui avait découvert l'existence de ce service clandestin. Les pirates proposaient un accès total à des bouquets de télévisions payantes pour un tarif imbattable, avec un « abonnement annuel entre 50 et 100 euros », alors qu'un abonnement légal équivalent peut dépasser les 110 euros par mois. L'affaire s'est révélée particulièrement lucrative pour les cerveaux du réseau, puisque les enquêteurs évaluent le bénéfice généré à « plus de 12 millions d'euros sur les cinq dernières années ».
Serveurs déconnectés et impressionnant butin saisi
Les perquisitions menées simultanément dans les deux pays ont permis de déconnecter vingt serveurs qui hébergeaient la solution technique, parfois installés directement au domicile des suspects. Les cybergendarmes ont également procédé à des saisies d'actifs impressionnantes pour un montant total de près de 1,4 million d'euros. Le butin récupéré se compose de 750 000 euros en cryptomonnaies, de 380 000 euros bloqués sur des comptes bancaires, de 104 000 euros d'argent liquide, ainsi que de 150 000 euros de biens mobiliers tels que des véhicules, du matériel informatique et des objets de luxe.
Un préjudice colossal pour la création et le sport
La gendarmerie a d'ores et déjà précisé que la solution « Noos+ » était désormais « inopérante », privant ainsi des milliers d'utilisateurs de leur accès illégal. Au-delà de cette affaire, les autorités rappellent l'impact dévastateur de ces pratiques sur l'économie légale. Elles soulignent que « le piratage de contenus audiovisuels à grande échelle conduit à la fragilisation économique des secteurs culturels et sportifs, avec un préjudice annuel de l'ordre de 1,5 milliard d'euros pour la France, et de 400 millions d'euros en termes de recettes publiques non perçues ». Selon les forces de l'ordre, ce manque à gagner massif nuit en priorité aux acteurs les plus fragiles du secteur et fragilise grandement le financement du sport professionnel.



