Congrès RN à Orléans : des journalistes de Mediapart expulsés puis réintégrés
RN : des journalistes de Mediapart expulsés puis réintégrés

Des journalistes de Mediapart ont été pris à partie par des militants et sortis sans ménagement de la salle où se tenait le congrès du Rassemblement national à Orléans, avant d'être réintégrés après des excuses. La scène s'est produite juste avant l'ouverture officielle du congrès, dans un Zénith de 5.000 places rempli aux trois quarts.

Des huées puis des cris « Mediapart dehors »

Du haut des gradins descendent des huées, puis un « Mediapart dehors » scandé par quelques militants remontés contre le site d'investigation qui a révélé des écrits antisémites de jeunesse attribués à Jordan Bardella, ce qu'il conteste. Très vite, le slogan hostile est repris par les quelques milliers de participants présents.

Au point que le Département Protection Sécurité (DPS), service d'ordre interne du parti à la flamme, a décidé de sortir les journalistes de Mediapart de la salle. De manière assez musclée, comme l'ont montré des vidéos d'autres médias, dont l'AFP.

Des excuses présentées après l'expulsion

Ce n'est qu'une fois dehors que l'équipe de communication du RN a repris les choses en main, permettant à Mediapart de regagner quasi immédiatement l'intérieur de la salle. « Des excuses leur ont été présentées », a indiqué sur X le fondateur du site d'investigation, Edwy Plenel, « mais cette brutalité du service d'ordre du RN et les cris ''Mediapart dehors'' disent ce qu'est l'extrême droite ».

Les journalistes de Mediapart ont pu réintégrer le congrès et des excuses leur ont été présentés. Mais cette brutalité du SO du RN et les cris « Mediapart dehors » disent ce qu'est l'extrême droite. Bravo à @YoumniKezzouf @aberteau_ pour leur sang froid. pic.twitter.com/xIdqQIzxzi— Edwy Plenel (@edwyplenel) October 24, 2026

Des palpations de sécurité contestées

Auparavant, une journaliste de L'Express avait fait état sur le même réseau social de palpations de sécurité inhabituelles à l'entrée de l'enceinte du Zénith : des agents du DPS cherchaient à savoir si elle portait un soutien-gorge, afin d'empêcher une éventuelle intrusion de Femen - ces activistes féministes célèbres pour leurs actions seins nus recouverts de slogans.

Témoignage attesté par une autre journaliste du média européen Rapporteur News, qui a fait part de la « même expérience ». Mais le parti a de son côté démenti toute consigne en ce sens. La députée Laure Lavalette a vitupéré la journaliste de L'Express, affirmant qu'elle « raconte n'importe quoi ».