La polémique autour de l'abattage des pins sur la placette des Verdiers, dans le lotissement Domaine du Cap Sicié à La Seyne-sur-Mer, rebondit. Après une suspension en avril face à l'hostilité des riverains, les autorités annoncent que l'opération va reprendre la semaine prochaine. Quinze arbres supplémentaires seront coupés, portant à 23 le nombre de pins abattus sur ce site.
Le maire justifie la décision par la sécurité
Dorian Munoz, le maire de La Seyne, a tenu à expliquer sa position ce jeudi. « On est obligé de faire respecter les obligations légales de débroussaillement (OLD). Certains s’en émeuvent, mais l’arrêté préfectoral de septembre 2025 s’impose à nous. Il est motivé par le fait que le risque incendie est élevé et que les fortes chaleurs surviennent de plus en plus tôt », a-t-il déclaré. Il ajoute que sa responsabilité serait engagée en cas de sinistre s'il s'opposait à la réglementation.
Le premier magistrat affirme comprendre la réaction des administrés, mais souligne que « les riverains seraient les premiers exposés en cas de sinistre ». Il précise que les coupes sont faites avec discernement : les arbres remarquables (chênes, chênes-liège) peuvent être préservés, mais les cyprès et les pins sont considérés comme des « bombes potentielles » en cas d'incendie.
Les explications techniques des services
Michel Gélinot, conseiller municipal chargé de la sécurité civile, rappelle que « les pignes de pin explosent sous l’effet du feu et peuvent être projetées à 30 voire 40 mètres, propageant l’incendie ». C'est une crainte majeure des sapeurs-pompiers.
François Wronsky, directeur adjoint de l'antenne métropolitaine de La Seyne, explique que la Métropole TPM intervient en lien avec la Ville pour se mettre en conformité avec les OLD. « On replante régulièrement, notamment des chênes et des oliviers, et là où on ne peut pas le faire à cause des OLD, on le fait ailleurs pour compenser », assure-t-il.
Laurent Fermet-Pertusier, responsable de la direction Protection des biens et des personnes, précise que le problème sur la placette est la trop grande proximité des arbres. Certains, appelés « allumettes », sont fragiles et peuvent s'enflammer rapidement ou tomber avec le vent.
Des coupes étendues sur la commune
La moitié de la commune de La Seyne est concernée par les OLD, ce qui explique d'autres opérations d'abattage en cours ou prévues : sur le chemin des Barelles, autour de la Villa Tamaris, sur la corniche Bonaparte et la corniche Merveilleuse. Aux riverains qui demandaient une contre-expertise, les autorités répondent que les conclusions sont similaires à celles de la sécurité civile.
Les riverains toujours mobilisés
Le collectif des riverains de la placette des Verdiers conteste toujours le bien-fondé de l'arrêté préfectoral. Ils arguent que la pinède se trouve à 376 mètres de la forêt, au-delà des 200 mètres prévus par le texte, et qu'elle est classée en espace boisé classé, ce qui nécessite une dérogation. Ils dénoncent également un « manque de respect » de la part de la municipalité, qui n'a pas organisé de réunion promise fin avril.
Avec la chaleur actuelle, les riverains disent ressentir déjà l'effet des premières coupes sur l'ombrage. Ils demandent que l'abattage soit différé à l'automne pour préserver la fraîcheur durant l'été. Le collectif envisage de se constituer en association pour défendre leurs droits. La Métropole TPM a annoncé qu'une rencontre avec les riverains est prévue en début de semaine prochaine, avant la reprise des coupes.
Le maire conclut : « On ne coupe pas des arbres de gaieté de cœur. Mais il faut être juste : quand on demande aux particuliers de se mettre en conformité avec les OLD, il faut aussi que la collectivité montre l’exemple ».



