Refus d'obtempérer près de Montpellier : un jeune condamné pour livraisons par drone en prison
Refus d'obtempérer : drone et prison à Montpellier

Un contrôle de routine qui tourne à la course-poursuite

Dans la nuit du 23 au 24 février dernier, à Saint-Jean-de-Védas, les gendarmes remarquent un conducteur qui ne met pas son clignotant pour aborder un rond-point. Cette infraction mineure va déclencher une affaire d'une tout autre envergure. Le conducteur, un jeune homme de 19 ans, refuse d'obtempérer aux sommations et prend la fuite en direction de Montpellier, manquant à plusieurs reprises de percuter les militaires.

Interpellation et découverte des téléphones

La police municipale de Montpellier vient en renfort et le fuyard est finalement arrêté rue Chateaubriand, près de la route de Lavérune. Outre le refus d'obtempérer avec mise en danger des forces de l'ordre, il circulait sans permis de conduire. Mais l'examen de ses téléphones portables révèle bien plus : il était en contact avec des détenus de la maison d'arrêt de Villeneuve-lès-Maguelone pour effectuer des livraisons par drone. Ses appareils contiennent une application de pilotage de drone et quatre trajets vers la prison effectués la veille. Les enquêteurs retrouvent également des échanges avec des prisonniers et un autre pilote de drone.

Un passé judiciaire chargé

De nationalité espagnole, le jeune homme est arrivé en France à l'âge de 3 ans. Son casier judiciaire comporte plusieurs condamnations du tribunal pour enfants de Béziers pour détention et usage de stupéfiants, violence sur personne dépositaire de l'autorité publique et port d'arme de catégorie D (couteau). Lors de son arrestation en février, il venait de sortir de détention pour une autre affaire.

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Le procès et les réquisitions

Mercredi 29 avril, le prévenu était jugé au tribunal judiciaire de Montpellier. Durant toute l'audience, il n'a pas prononcé un mot. Quand le président lui demande s'il souhaite s'exprimer, il se contente de faire non de la tête. La procureure Laure Bouvier souligne que le prévenu conteste le survol de la prison avec un drone, bien qu'il reconnaisse savoir piloter. Compte tenu des éléments à charge et de son passé judiciaire, elle requiert deux ans de prison avec maintien en détention.

La défense plaide l'absence de preuves

L'avocate de la défense s'étonne d'une telle demande face à si peu d'éléments probants. Elle affirme que les messages ne prouvent pas qu'il s'agissait de livraisons illicites. Elle pointe également le comportement irrationnel du jeune homme et demande des soins psychologiques ainsi qu'une détention à domicile pour qu'il puisse travailler avec son père commerçant.

Une condamnation à trois ans de prison

Le tribunal présidé par Aurélien Vitrac estime que les faits sont constitués et condamne le jeune homme à trois ans de détention. Cette affaire illustre l'ancrage dans la délinquance du prévenu, malgré son jeune âge, et la gravité des faits de livraison par drone en milieu carcéral.

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