Le nombre de détenus dans les prisons françaises a atteint un nouveau record historique au 1er juin 2025, avec 88 829 personnes incarcérées, selon les chiffres du ministère de la Justice publiés ce mardi. Ce chiffre dépasse le précédent record de 88 800 détenus enregistré en février 2025.
Une densité carcérale de 127%
La densité carcérale globale s'établit à 127%, ce qui signifie que les prisons françaises accueillent 27% de détenus de plus que leur capacité théorique. Dans certaines maisons d'arrêt, la densité dépasse les 200%, notamment à la prison de Bois-d'Arcy (Yvelines) où elle atteint 217%. Selon le ministère, 2 800 détenus dorment sur des matelas posés à même le sol.
Des prévenus en augmentation
Parmi les détenus, 21 500 sont des prévenus en attente de jugement, soit une hausse de 12% par rapport à l'année précédente. Le garde des Sceaux, Éric Dupond-Moretti, a déclaré : « Cette situation est intenable et nous devons agir rapidement pour désengorger nos prisons. » Il a annoncé la construction de 15 000 nouvelles places de prison d'ici 2027, un projet critiqué par les associations de défense des droits des prisonniers.
Des conditions de détention dénoncées
L'Observatoire international des prisons (OIP) a dénoncé des conditions de détention indignes, avec un manque d'hygiène et de soins médicaux. Selon l'OIP, 80% des prisons françaises sont en état de surpopulation chronique. La France a été condamnée à plusieurs reprises par la Cour européenne des droits de l'homme pour ses conditions carcérales.
Le syndicat pénitentiaire UFAP-UNSA Justice a appelé à une grève nationale pour le 15 juin, exigeant des moyens supplémentaires et une réforme de la politique pénale. « Les surveillants sont épuisés et en sous-effectif, avec un taux d'encadrement de 1 pour 30 détenus dans certaines unités », a précisé le syndicat.
Des mesures alternatives à l'incarcération
Le gouvernement envisage de recourir davantage aux peines alternatives comme le bracelet électronique ou le travail d'intérêt général. En 2024, 35 000 personnes ont été placées sous bracelet électronique, soit une augmentation de 15% par rapport à 2023. Toutefois, les associations estiment que ces mesures restent insuffisantes face à l'augmentation du nombre de condamnations.



