La préfecture de l'Hérault a dressé, ce mercredi 10 juin 2026, le bilan de la rave party illégale organisée à Ferrières-les-Verreries, au nord du Pic Saint-Loup. Le rassemblement, qui a réuni plus de 2 000 personnes entre Claret et Ferrières-les-Verreries, a mobilisé plusieurs centaines de gendarmes et entraîné plus de 1 500 infractions, pour un coût estimé à 105 000 euros pour l'État.
Deux organisateurs en garde à vue
Deux personnes, identifiées comme des organisateurs, ont été interpellées et placées en garde à vue. Elles sont entendues pour organisation sans déclaration préalable d'un rassemblement festif à caractère musical, une contravention de 5e classe. La préfète Chantal Mauchet a annoncé qu'elle se constituerait partie civile afin d'obtenir une indemnisation des moyens engagés.
Un dispositif de grande envergure
Le dispositif a mobilisé 80 militaires par jour, soit 510 gendarmes sur l'ensemble de l'opération. Au total, 4 526 personnes et 1 812 véhicules ont été contrôlés sur et autour du site. Les gendarmes ont dressé 457 amendes forfaitaires, principalement pour stupéfiants, détention d'armes (majoritairement des couteaux) ou défaut d'assurance, ainsi que 1 111 infractions au code de la route. Une dizaine d'interventions de secours ont été nécessaires pour des malaises ou des chutes, sans blessés graves. "Heureusement, il n'y a pas eu de décès", a souligné la préfète.
Des moyens aériens et des drones utilisés
Drones et moyens aériens ont été utilisés en continu pour surveiller la zone, estimer la fréquentation et repérer les accès. Toute intervention était compliquée : "Les teufeurs utilisent la méthode 'indiens-cowboys' qui consiste à encercler les militaires pour les empêcher d'accéder au mur de son", a expliqué le colonel Schneider.
Des saisies et des préjudices locaux
Un peu plus d'une quinzaine d'enceintes a été saisi ainsi qu'un groupe électrogène estimé à 15 000 euros, retrouvé dans une bergerie après le signalement d'un propriétaire. La sonorisation principale n'a toutefois pas pu être saisie dans son intégralité. Au-delà de l'ordre public, la préfecture insiste sur les préjudices locaux. Des propriétaires ont déposé plainte et des communes doivent également le faire. L'Office français de la biodiversité doit évaluer les dégâts sur la faune et la flore. La rave-party s'est tenue sur un terrain privé et dans une zone sensible au risque incendie, sans piste DFCI. "Un habitant a été molesté", a aussi indiqué Chantal Mauchet.
Un appel à la déclaration préalable
La préfète a notamment invité les organisateurs de free-party à déclarer préalablement en préfecture leur rassemblement festif : "Ce qui met en danger les participants à ce genre de rassemblement, c'est qu'on ne peut pas le préparer avec eux. Là, l'évènement nous est imposé, on est mis devant le fait accompli, et ça met en danger la vie des participants". Elle a rappelé que le projet de loi Ripost, en cours d'examen, prévoit de durcir la réponse pénale contre les free parties illégales, avec la création de délits visant l'organisation et la participation.



