Un ancien professeur de français encourt vingt ans de prison pour viols sur quatre élèves et agressions sexuelles sur six autres à Gap (Hautes-Alpes), où son procès s’est ouvert ce lundi. Les faits se sont déroulés dans un collège de l’Argentière-la-Bessée, près de Briançon, où il a enseigné dans les années 2010.
Un procès très attendu
L’accusé, âgé de 40 ans, comparaît libre sous contrôle judiciaire devant la cour criminelle des Hautes-Alpes. À l’ouverture de l’audience, il est apparu le regard fixé au sol, non loin de plusieurs jeunes filles parties civiles, manifestement émues et certaines en pleurs. Le huis clos a été ordonné dès le début du procès, qui doit durer toute la semaine.
« C’est une audience qui était attendue depuis de nombreuses années, l’instruction a été très longue », a commenté pour la presse Me Arnaud Lévy-Soussan, avocat d’une des jeunes victimes. « Les trois parties civiles que je représente étaient alors des petites filles en 5e », a expliqué Me Elsa Ghanassia, ajoutant qu’« elles avaient du mal à comprendre parce que, pour elles, on ne remet pas en cause l’autorité d’un adulte et encore moins d’un professeur ».
Des faits graves et répétés
L’ancien professeur doit répondre de viols sur quatre élèves avec plusieurs circonstances aggravantes, dont sa position d’autorité, d’agressions sexuelles sur six autres, et de détention d’images de mineurs à caractère pornographique. Selon l’enquête, l’enseignant se livrait à des « massages d’épaules » et attouchements en classe, et tenait régulièrement des propos salaces.
Les investigations ont révélé des relations sexuelles avec plusieurs collégiennes, soumises à une relation d’« emprise » émaillée de violences (poignets attachés, gifles, fessées) et de « rapports de type dominant/dominée », parfois régis par un « contrat à la manière du film “50 nuances de Grey” ». Plusieurs victimes ont présenté des symptômes d’anorexie, de dépression et de stress post-traumatique.
Un signalement en 2017
En juin 2017, le principal de l’établissement avait signalé à la gendarmerie la plainte d’une élève de 5e dont l’enseignant avait effleuré les fesses. L’ouverture d’une information judiciaire et sa mise en examen n’interviendront qu’en février 2019. L’enseignant, au casier judiciaire vierge, a déclaré aux enquêteurs que les rapports avec les jeunes filles étaient consentis et qu’il n’avait « rien fait de mal », tout en admettant « être immature et avoir du mal à mettre de la distance avec ses élèves ».
Pour la justice, « du fait de leur âge, les victimes ne disposaient pas du discernement nécessaire pour consentir à ces relations », d’autant plus avec un professeur en position d’autorité qui avait imposé un rapport de domination. Des images pornographiques de très jeunes filles ont été retrouvées sur son ordinateur.
Inscrit au fichier des auteurs d’infractions sexuelles
Inscrit au fichier des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (Fijaisv) et interdit d’exercer une activité au contact de mineurs, l’ancien enseignant est à présent moniteur éducateur dans une association accueillant des handicapés, et exceptionnellement des mineurs.



