À quelques jours du délibéré du procès en appel de Marine Le Pen, les magistrats de la cour d'appel de Paris expriment leurs craintes face à une possible reprise des menaces et des pressions. Selon des sources proches du dossier, la tension monte alors que la décision, attendue pour le 6 juillet 2026, pourrait raviver un climat hostile déjà observé lors du premier procès.
Un climat de tension persistante
Lors du procès en première instance, plusieurs magistrats avaient été la cible de menaces et de campagnes de déstabilisation. Des gardes rapprochés avaient été déployés pour assurer leur sécurité. Aujourd'hui, les mêmes inquiétudes ressurgissent à l'approche du verdict en appel. Un magistrat confie sous couvert d'anonymat : « Nous savons que le contexte est explosif. Les précédentes menaces n'ont jamais complètement disparu, et l'issue de ce procès pourrait les raviver. »
Des mesures de sécurité renforcées
La présidence de la cour d'appel a pris des dispositions pour protéger les juges. Des consignes strictes ont été données pour limiter les déplacements et renforcer la surveillance des abords du palais de justice. Selon une source judiciaire, « les magistrats ont été invités à redoubler de vigilance et à signaler tout comportement suspect. » Ces mesures s'ajoutent à un dispositif déjà conséquent mis en place depuis le premier procès.
Un procès sous haute surveillance médiatique
Le procès en appel de Marine Le Pen, qui concerne des soupçons d'emplois fictifs au Parlement européen, a attiré une attention médiatique considérable. La décision des juges pourrait avoir des répercussions politiques majeures, notamment sur les ambitions présidentielles de la dirigeante du Rassemblement national. « Chaque audience a été suivie de près, et les débats ont été houleux », rappelle un avocat présent lors des audiences. La pression est d'autant plus forte que le verdict pourrait être contesté par les soutiens de la prévenue.
Des précédents inquiétants
Le premier procès avait déjà donné lieu à des intimidations. En 2024, des magistrats avaient reçu des lettres anonymes et des appels menaçants. L'un d'eux avait même dû être placé sous protection rapprochée. « Nous ne voulons pas revivre cela », déclare un représentant syndical de la magistrature. « Mais nous savons que le risque est réel. »
Un appel à la sérénité
Face à ces craintes, plusieurs voix s'élèvent pour appeler au calme. Le parquet général a rappelé l'importance du respect des décisions de justice. « La justice doit pouvoir rendre ses décisions en toute indépendance, sans pression extérieure », a déclaré un porte-parole. De son côté, Marine Le Pen a dénoncé ce qu'elle considère comme une « instrumentalisation » de la justice à des fins politiques, sans toutefois appeler à la violence.
Alors que le délibéré approche, les regards sont tournés vers la cour d'appel. Les magistrats, eux, espèrent que la décision sera accueillie avec sérénité, mais ils se préparent au pire. « Nous avons l'habitude des dossiers sensibles, mais celui-ci est particulier », conclut un juge. « Nous ferons notre travail, quoi qu'il arrive. »



